Le 02 mai 1945, le drapeau de la victoire, le drapeau Rouge frappé de la Faucille et du Marteau, est hissé sur le Reichstag !

Le 02 mai 1945, le drapeau de la victoire, le drapeau Rouge frappé de la Faucille et du Marteau, est hissé sur le Reichstag !

Les Français savent ce qu’a fait pour eux la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération. 

De Gaulle, 2 décembre 1944

Tous les mots surlignés en noir le sont de mon fait, excepté dans le texte de la Déclaration...

Par Michel AYMERICH

Je partage ci-dessous la Déclaration  du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (C.I.S.C.) : Riposter ensemble à l’offensive anticommuniste généralisée de l’automne 2019.

Je la partage et m'associe au texte et à l'esprit car je constate les effets délétères de la réécriture de l'histoire, tant par le moyen d'articles et de livres que par le cinéma.

Qui ne connaît au moins de nom le film «Il faut sauver le soldat Ryan» ? On attendra en vain un film hollywoodien intitulé, par exemple, «Il faut sauver les soldats Vladimir et Sergueï» qui se déroulerait en URSS envahie par les fascistes (lesquels n'étaient pas qu'allemands...) ou mieux encore qui se déroulerait dans un pays d'Europe en cours d'être délivré du nazisme. Dans les films américains les Russes doivent toujours être représentés comme méchants, grossiers et stupides, jamais sous les traits d'un gentil Tom Hanks...

Rappelons-le, les premiers soldats soviétiques sont entrés dans Berlin, capitale du Reich, le 21 avril 1945. Alors que les soldats de l'Armée rouge ne sont plus qu'à 200 mètres du bunker où il est terré, Hitler se suicide le 30 avril. Le lendemain, le 01 mai, c'est au tour de Goebbels. Tous les deux se sont suicidés pour ne pas être capturés par l'Armée rouge.

Le 02 mai 1945 [1], le drapeau de la victoire, le drapeau Rouge frappé de la Faucille et du Marteau, est hissé sur le Reichstag !

En RDA, à la différence de la RFA, la victoire remportée par l'Armée rouge sur le fascisme était célébrée!
En RDA, à la différence de la RFA, la victoire remportée par l'Armée rouge sur le fascisme était célébrée!

Déjà, alors même qu'en juin 1944 le débarquement en Normandie avait eu lieu, «[l]e 27 septembre 1944, Churchill communiquait dans un message à Staline : Je profiterai de l'occasion pour répéter demain à la Chambre des Communes ce que j'ai déjà dit avant, que c'est précisément l'armée russe [évidemment Churchill ne pouvait pour des raisons idéologiques se résoudre à écrire l'Armée rouge multinationale! M.A.] qui a écrasé la machine de guerre allemande et qui retient à l'heure qu'il est la partie la plus grande des forces adverses» [2].

La citation de De Gaulle mise en exergue est de décembre 1944, le général le reconnaît : « Les Français savent ce qu’a fait pour eux la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération. »

Voilà qui devait être effacé de la mémoire.

J'écrivais récemment : « Ce film de 1985, en version récemment restaurée au titre russe original « Idi i smotri », littéralement « Viens et vois » (d’où le sous-titre traduit en anglais: « COME AND SEE ») appartient à cette catégorie des réalisations qui informent plus qu’ils ne désinforment. C’est le moins que l’on puisse dire, tant il est réaliste dans sa forme que par ce dont il témoigne.[...]

Il est réaliste à la différence notable de la plupart des fictions américaines sur la seconde guerre mondiale. Au premier rang desquelles l’une des pires, sinon la pire illustration, est Inglorious Bastards de Quentin Tarantino dans laquelle des acteurs prestigieux (tel Brad Pitt) scalpent des nazis et où la belle Mélanie Laurent assassine... Hitler ! [3] »

Et ce cinéma n'est pas réductible à seulement du cinéma dans la mesure où une grande part des citoyens de France et du monde ont «oublié» bien des vérités historiques. Exceptés notamment ceux de Chine, du Viet-nam, de Cuba et en ce qui concerne la question de la seconde guerre mondiale, ceux de Russie...

Il en va de l'histoire de la guerre comme de la perception d’États, tel par exemple la République démocratique allemande (RDA) qui doit coûte que coûte apparaître comme «totalitaire», à l'égal, donc, du Troisième Reich... Concept de guerre froide [4] falsificateur de réalités fondamentales qui permet de faire passer Auschwitz, Sobibor et les camps d'extermination des Juifs (bébés, enfants, malades, handicapés, personnes âgées, femmes, hommes) accusés de « judéo-bolchévisme » [5] pour un « détail de l'histoire » !

6 millions de Juifs assassinés! Victimes de la "solution finale" de l'impérialisme allemand.
Photo réalisée au camp de concentration de Buchenwald (transformé en lieu de commémoration), l'été 1981 ou 1982, situé près de Weimar alors en RDA. Copyright Michel Aymerich. A droite, on peut lire: 6 millions de Juifs assassinés, victimes de la solution finale de l'impérialisme allemand.

Pour ce faire, le cinéma « occidental » n'hésite pas à réécrire l'histoire de manière éhontée, suggérant aux personnes fragiles d'esprit – et elles sont devenues légion en la matière – que la RDA aurait abrité (au mépris de toute vérité ) le «chirurgien de Birkenau», un équivalent de Josef Mengele [6].

Il faut bien criminaliser les communistes de la RDA quitte à faire oublier que Hermann Axen, rescapé juif d'Auschwitz [7], fut après avoir été le rédacteur en chef de Neues Deutschland, le journal du Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED), de 1956 à 1966, membre du Bureau politique du SED de 1970 jusqu'à 1989.

Aucun article sur lui en français sur Wikipédia, un «détail» qui en dit long sur le niveau très bas de l'information en France, alors que les communistes français ont énormément perdu en influence...

CLIQUEZ SUR UNE IMAGE AFIN DE BIEN LA VISUALISER! De gauche à droite: 1) Page de couverture des mémoires de Hermann Axen : « J'étais un serviteur du parti ». 2) Hermann Axen avec Oliver Tambo, président du Congrès National Africain (ANC). Source: Bundesarchiv_Bild_183-T0515-008,_Berlin,_Besuch_ANC-Delegation,_Axen,_Tambo. 3) Henri Krasucki, né Henoch Krasucki, fut secrétaire général de la CGT. Résistant, il fut membre actif de la section juive des FTP-MOI pendant la Seconde Guerre mondiale. Il doit sa vie à Herman Axen qui l'a sauvé de la chambre à gaz à Auschwitz...  http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/02/roger-trugnan-juif-communiste-resistant-francais-a-auschwitz.htmlCLIQUEZ SUR UNE IMAGE AFIN DE BIEN LA VISUALISER! De gauche à droite: 1) Page de couverture des mémoires de Hermann Axen : « J'étais un serviteur du parti ». 2) Hermann Axen avec Oliver Tambo, président du Congrès National Africain (ANC). Source: Bundesarchiv_Bild_183-T0515-008,_Berlin,_Besuch_ANC-Delegation,_Axen,_Tambo. 3) Henri Krasucki, né Henoch Krasucki, fut secrétaire général de la CGT. Résistant, il fut membre actif de la section juive des FTP-MOI pendant la Seconde Guerre mondiale. Il doit sa vie à Herman Axen qui l'a sauvé de la chambre à gaz à Auschwitz...  http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/02/roger-trugnan-juif-communiste-resistant-francais-a-auschwitz.html
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«À l'égard des communistes après 1990, on s'est comporté d'une manière bien pire que ce qui avait été fait au début de l'Allemagne fédérale à l'égard des anciens nazis » reconnut Helmut Schmidt, ancien chancelier fédéral d'Allemagne de l'Ouest, cité par Vladimiro Giacché [8].

La raison fondamentale en est que en Europe comme partout ailleurs, l'anticommunisme et la réécriture de l'histoire qu'il engendre servent un but inavouable : briser la résistance des travailleurs et garantir aux grands capitalistes les mains libres.

Ainsi dans «le journal La Tribune, on peut lire ceci: "Cet ouvrage, "Le Second Anschluss", déconstruit un des grands contes de fées contemporain : le succès de la réunification allemande. Dans un livre richement documenté et à la logique implacable, Vladimiro Giacchè montre que la RDA de 1989 était certes une économie déclinante, mais elle n'était pas «en banqueroute» comme l'ont prétendu les dirigeants ouest-allemands pour justifier une union monétaire rapide. [...] Aucune chance n'a, en réalité, été laissée aux entreprises est-allemandes. Place nette aura été faite pour les groupes ouest-allemands et la population de l'ex-RDA en aura fait les frais. C'est pourquoi Vladimir Giacchè revendique le terme «d'annexion» qui a été banni du débat public allemand. [9]»

NOTES :

[1] http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2019/06/deces-de-semion-rosenfeld-soldat-juif-de-l-armee-rouge-dernier-survivant-connu-du-camp-nazi-de-sobibor.html

[2] http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2019/05/requiem-pour-un-massacre-va-et-regarde.html

[3] Ibid.

[4] https://francais.rt.com/opinions/65446-pacte-germano-sovietique-fruit-amer-des-accords-munich?fbclid=IwAR0R8ZlkM6bBGf4qDe9DCVx5Eb3Ds6gQODoyYKK__Fu11HfpDFQdltZLJjg

[5] http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/06/le-22-juin-1941-les-fascistes-allemands-declenchent-la-guerre-totale-contre-le-judeo-bolchevisme.html

[6] « Par exemple le film L'affaire Rachel Singer. Ce «film plus vrai que nature que programme France 2» peut-on lire dans une présentation du film dans TéléStar signée Elsa Minot qui précise toutefois :«S'il ne s'agit pas d'une histoire vraie, L'affaire Rachel Singer est tout de même inspirée de faits réels. "Le chirurgien de Birkenau" serait en réalité Josef Mengele. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ce dernier s'est exilé en Argentine, puis au Paraguay et au Brésil pour tenter d'échapper aux enquêteurs allemands et israéliens. [...]» Mais Elsa Minot n'attire pas l'attention sur la dimension de révisionnisme historique honteux que représente « ce «film plus vrai que nature» qui raconte une histoire présentée frauduleusement comme ayant eu lieu en...RDA !

Ce film s'inscrit dans une réécriture pour le moins subreptice de l'histoire. Méthode dans le fond plus efficace que d'engager la responsabilité d'historiens achetés qui risqueraient de se voir confrontés à la critique par des historiens indépendants. Méthode qui vise à frapper l'inconscient du plus grand nombre, bien au-delà du cercle clairsemé des lecteurs de livres spécialisés [...]. Une image vaut plus que mille mots, dit-on. Nos propagandistes le savent. Leur méthode est celle de la diffusion de fictions à l'apparence «crédible» auprès d'un public progressivement vidé de sa mémoire historique et remplacé par un public plus jeune qui n'offrira guère de résistance mémorielle... » http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/02/heros-juifs-communistes-de-la-seconde-guerre-mondiale-la-rda-et-l-antifascisme.html

[7] http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/02/roger-trugnan-juif-communiste-resistant-francais-a-auschwitz.html

[8] http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/02/roger-trugnan-juif-communiste-resistant-francais-a-auschwitz.html

[9] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/l-ex-rda-est-un-mezzogiorno-au-centre-de-l-europe-509960.html

Riposter ensemble à l’offensive anticommuniste généralisée de l’automne 2019 Déclaration  du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (C.I.S.C.)

Anniversaire dévoyé de la Libération de Paris, commémorations grossièrement partiales du Traité de non-agression germano-soviétique, de l’ouverture du Mur de Berlin, de la proclamation de la République populaire chinoise ou de la Révolution cubaine de 1959 : faisant flèche de tout bois, tronquant les faits et pratiquant sans vergogne les amalgames les plus indécents, les stratèges de la contre-révolution idéologique permanente ont soigneusement organisé leur ballet médiatique fait d’anticommunisme recuit, d’antisoviétisme de confort, de russophobie haineuse et de sinophobie sans limites. Ils sont d’autant plus sûrs d’eux que les voix discordantes sont « démocratiquement » exclues des grands médias d’Etat et de la grande presse privée monopolisée par les maîtres du grand capital. Les objectifs de cette campagne politique travestie en « devoir de mémoire » sont clairs :

 1°) S’agissant de la Résistance communiste armée française, il s’agit soit de la minimiser, soit de la criminaliser carrément, en gommant le fait majeur que les communistes français ont commencé à résister au fascisme bien avant la déclaration de guerre de 1939 (lancement du Front populaire antifasciste, organisation des Brigades internationales d’Espagne à l’initiative de l’Internationale communiste et refus de la « non-intervention » décrétée par Léon Blum, dénonciation du Pacte de Munich, appel clandestin à résister lancé par Charles Tillon à partir du territoire national dès le 17 juin 1940 au nom du PCF …) et que, de très loin, les organisations de FTPF et de FTP-MOI créées à l’initiative du PCF clandestin furent le fer de lance de la Résistance armée intérieure couronnée par l’insurrection parisienne d’août 1944, sans parler des maquis du Limousin et de la grande grève patriotique des mineurs du Nord lancée par le PCF et par la CGT en mai-juin 1941 : d’ailleurs, sans minimiser en rien l’apport des autres forces résistantes de l’intérieur et de l’extérieur, ce sont de très loin les communistes et les cégétistes qui ont subi les fusillades de masse de Châteaubriant, de la Citadelle d’Arras et du Mont Valérien, pour ne parler que d’elles ; le but des conjurés de l’anticommunisme contemporain est sans doute, profitant du grand âge des combattants de la Résistance, de priver les communistes français de leur légitimité patriotique : il s’agit pour cela de cacher l’apport décisif des communistes à l’élaboration du programme du CNR, lequel s’est traduit par les avancées sociales et démocratiques dont les ministres communistes de 1945/47 furent les principaux artisans : première forme du SMIG, statut des mineurs, statut des fonctionnaires, nationalisation du sous-sol (Maurice Thorez), nationalisation d’EDF, de Renault et de la SNECMA (Marcel Paul, Charles Tillon, François Billoux), Sécurité sociale, retraites par répartition, Code du travail, comités d’entreprise, généralisation des conventions collectives (Ambroise Croizat), relance démocratique de l’Education nationale et de la Recherche publique (Henri Wallon, Frédéric Joliot-Curie…), tous ces acquis de civilisation que rendit possible le projet du CNR de « mettre le monde du travail au centre de la vie nationale » sont aujourd’hui méthodiquement détruits, au nom de la « construction » européenne, par les gouvernements maastrichtiens successifs dont on comprend aisément pourquoi ils soutiennent en sous-main les campagnes anticommunistes : noircir et salir le passé est indispensable pour impulser les régressions présentes et futures…

2°) S’agissant du Traité de non-agression soviéto-allemand de 1939, il s’agit de le présenter mensongèrement comme une « alliance des totalitarismes contre les démocraties » ; pourtant, l’URSS n’avait cessé, au cours des années 1930, de proposer une alliance militaire antihitlérienne aux démocraties bourgeoises occidentales ; or celles-ci ont préféré, par antisoviétisme et par sympathie de classe inavouable à l’égard des régimes fascistes violemment anti-ouvriers, antisoviétiques et anticommunistes, cautionner Mussolini, favoriser la rébellion franquiste et laisser Hitler se livrer à toutes ses prédations, du réarmement officiel au pacte de Munich en passant par l’Anschluss de l’Autriche. Objectivement, si elle ne voulait pas se retrouver isolée face à l’ensemble du monde capitaliste – non seulement les nazis mais les « démocraties » occidentales en voie de fascisation et faisant même le choix de la « drôle de guerre », puis de la défaite en 1939/40 – , si elle voulait en outre éviter d’être prise en tenaille entre les fascistes occidentaux et la dictature militaro-fasciste du Japon (« Pacte anti-Komintern »), l’URSS n’avait pas d’autre possibilité que de diviser le front antisoviétique menaçant des puissances impérialistes occidentales, que de gagner du temps pour s’armer, que de tenter d’éloigner le plus possible la Wehrmacht menaçante de ses frontières occidentales. Il est ainsi proprement scandaleux (et confondant d’ingratitude historique !) de tenter d’amalgamer sous le nom de « totalitarismes » le Troisième Reich exterminateur et le pays qui, au prix d’énormes sacrifices, a brisé la Wehrmacht de Stalingrad à Berlin et qui a longtemps supporté l’essentiel du poids de la guerre antifasciste, qui lui a coûté près de 30 millions de morts. Pendant ce temps, la grande bourgeoisie française dont les héritiers continuent de diriger l’appareil d’Etat et le CAC-40, collaborait au démantèlement de la France, tandis que la SFIO avait, auprès de la droite et des radicaux, participé à la persécution anticommuniste en France (décret Sérol d’avril 1940 punissant de mort la propagande communiste !) et que les Etats-Unis d’Amérique n’ouvraient le « second front » contre Hitler qu’au moment où déjà, le gros des forces allemandes disposé à l’Est s’effondrait, de Leningrad à Koursk jusqu’à Berlin (investie par les seuls Soviétiques), devant la poussée irrésistible de l’Armée rouge ouvrière et paysanne. Il est lamentable, honteux pour l’intelligentsia française actuelle et pour les milieux dirigeants de l’Education nationale que désormais, la majorité des jeunes Français puisse croire de bonne foi que Hitler et Staline étaient amis durant la guerre ( !), que ce sont principalement les Anglo-Saxons qui ont gagné la guerre, que la Résistance française n’a combattu que pour l’honneur (alors qu’elle a porté des coups très durs à l’occupant et qu’elle a pour l’essentiel libéré Paris par ses propres forces) alors que le général De Gaulle déclarait franchement en 1946 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Comment qualifier autrement que de négationniste cette entreprise permanente de falsification de l’histoire qui minimise, nie, voire diabolise les exploits de l’URSS sans lesquels le nazi-fascisme allié aux militaristes japonais et soutenu par le prétendu « Etat français » de Pétain se serait sans doute emparé du monde et sans laquelle nous ne pourrions pas discuter librement aujourd’hui !

3°) S’agissant de la « chute du Mur de Berlin », sa commémoration va sûrement donner lieu à une sarabande anticommuniste et contre-révolutionnaire sans précédent avec, à la clé, la tentative concrètement… totalitaire et fasciste (bien qu’officiellement motivée par l’ « antitotalitarisme » !) – de multiplier les interdictions de partis communistes (c’est déjà le cas en Ukraine et c’est la direction prise en Pologne, en Hongrie, dans les Etats baltes…) et d’empiler les lois mémorielles anticommunistes proprement liberticides et négationnistes. Des « lois » que cautionne déjà pour partie l’UE dominée par Berlin, arrimée à l’OTAN et en proie à de lourds préparatifs guerriers antirusses qui ne sont pas sans évoquer une tentative de revanche historique sur Stalingrad ; eh bien, les militants de la solidarité de classe internationaliste, antifasciste et anti-impérialiste doivent avoir le courage de déclarer que, ni l’annexion pseudo-démocratique de la RDA, ni l’implosion contre-révolutionnaire du camp socialiste et de l’URSS n’auront apporté de « grands bouleversements démocratiques » en Europe et dans le monde. En réalité, ces évènements réactionnaires n’avaient d’autre but que d’effacer autant que possible l’immense victoire prolétarienne d’Octobre 1917 et la grande victoire des peuples sur l’impérialisme allemand (URSS et mouvement communiste international en tête), cette victoire qui avait rendu son indépendance à notre pays, permis de criminaliser à juste titre le fascisme et l’extrême droite, ouvert la voie à de grandes avancées sociales en France et en Occident, favorisé la décolonisation des peuples d’Asie et d’Afrique, impulsé l’émergence planétaire du mouvement pour l’égalité hommes/femmes et offert au camp mondial du travail et du progrès le rempart du socialisme existant face aux prédations incessantes de l’impérialisme et de ses vassaux ; amputé de l’URSS, de la RDA, du camp socialiste et d’un fort Mouvement communiste international fidèle aux conceptions marxistes-léninistes, privé en Occident (hormis au Portugal et en Grèce) de puissants partis communistes et révolutionnaires, le monde actuel est livré à une re-mondialisation contre-révolutionnaire du capitalisme-impérialisme qui, à bien des égards (course ruineuse aux armements, agressivité tous azimuts de l’impérialisme US, dégradations lourdes de l’environnement ravagé par la course au profit maximal, fascisation de moins en moins rampante des démocraties bourgeoises de plus en plus policières et répressives), confère au monde contemporain des traits carrément exterministes en ce sens que le maintien du pourrissant système capitaliste-impérialiste à l’échelle planétaire sape les bases sociales et environnementales de l’existence humaine dans son ensemble. Du reste, l’opinion populaire dans la plupart des pays de l’Est et en Russie prend désormais majoritairement acte du fait que, malgré les lacunes, erreurs et distorsions diverses qui, selon les temps et les pays, ont affecté la première expérience socialiste de l’histoire dans des conditions géopolitiques où le capitalisme restait dominant, la destruction contre-révolutionnaire du camp socialiste constitue une catastrophe historique globale pour le camp du Travail et de l’émancipation humaine. Plus que jamais, le sens de notre époque reste donc marqué par la confrontation entre le capital et le travail, entre les peuples et l’impérialisme, entre les tendances mortifères du capitalisme-impérialisme et l’aspiration proprement vitale des peuples à construire un socialisme-communisme de nouvelle génération tirant enseignement, sans reniement ni palinodie, des succès et des limites de la première expérience socialiste de l’histoire humaine.

4°) S’agissant de la République populaire chinoise, il ne s’agit ni de nier les contradictions que comporte le « socialisme de marché » dont se réclame le PC chinois, ni de hurler avec les loups de l’impérialisme euro-atlantique qui présentent la Chine comme l’ « ennemi stratégique principal » sans crainte de réactualiser le mythe raciste du « péril jaune ». Qui peut sérieusement nier que la révolution chinoise de 1949 ait libéré la Chine du colonialisme occidental et japonais, qu’elle ait permis la réunification du territoire national, qu’elle ait mis fin aux famines récurrentes qui frappaient les classes populaires ? Et qui peut nier que l’actuelle République populaire chinoise soit en passe de transformer ce qui fut un pays arriéré, affamé et méprisé, en un grand Etat moderne à la pointe de la science et de la technique, et où la grande pauvreté pourrait être éradiquée dans les quelques années qui viennent ? Alors que nos grands pays occidentaux riches à milliards, France macroniste en tête, plongent dans la régression sociale, dans la désindustrialisation galopante et dans une abrutissante vassalisation culturelle et linguistique…

5°) Il faut aussi riposter aux campagnes anticommunistes et antisocialistes qui caricaturent en permanence Cuba socialiste, dont le « crime » principal est de résister au blocus de l’Empire nord-américain depuis 1959 et de faire de la santé publique, de la Recherche, du soin pour l’environnement et du développement éducatif, les principaux moteurs du développement économique (alors que la santé, la science et l’éducation sont traitées comme des fardeaux à « dégraisser » dans les grands Etats en proie au néolibéralisme !). Solidarité indéfectible aussi avec le Venezuela bolivarien et avec les autres pays de l’ALBA que l’impérialisme s’emploie à subvertir, non parce qu’ils connaissent d’indéniables difficultés économiques (largement liées aux manœuvres impérialistes et au torpillage organisé par la réaction « interne »), mais tout au contraire parce qu’ils opposent au monde néolibéral de Maastricht, de l’ALENA, du Mercosur, du CETA, de la « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traité de Maastricht), du tout-anglais aliénant et du tout-profit, une esquisse de modèle alternatif reposant sur le principe d’une coopération égalitaire entre pays souverains.

 6°) En France même, l’obsession anticommuniste et antisoviétique que répandent les médias et nombre de manuels scolaires « d’histoire » alimente le dénigrement de la Révolution française, de l’héritage jacobin, de la République une, laïque et indivisible, de l’héritage des Lumières, des idéaux progressistes et rationalistes et des conquêtes sociales issues de l’action du PCF et de la CGT : tant il est vrai que la contre-révolution anticommuniste ne s’arrête nullement aux bornes spatiales et temporelles du 20ème siècle ni à celles de l’ex-camp socialiste ; si bien que la destruction de l’Europe socialiste a permis un assaut réactionnaire généralisé contre tous les acquis progressistes des révolutions antérieures, y compris contre ceux des révolutions bourgeoises-démocratiques des 18 et 19èmes siècles (et aussi contre les avancées des processus anti-impérialistes du 20ème siècle en Afrique, en Asie et en Amérique latine); sans parler des contre-réformes incessantes qui visent à détruire les conquêtes du CNR, du Front populaire et du combat laïque de 1905 !

7°) A l’échelle planétaire, les effets de la contre-révolution et des campagnes anticommunistes récurrentes ne sont pas moins délétères tant il est vrai que la force du camp socialiste et du Mouvement communiste et anti-impérialiste mondial constituait le socle des luttes pour le progrès social, pour la paix, la démocratie, la souveraineté des peuples, l’égalité entre les sexes, les idéaux humanistes, l’avancée de la rationalité critique ; partout et toujours se vérifie l’idée que l’anticommunisme, l’antisoviétisme et l’anti-léninisme, portent en leurs flancs la banalisation du fascisme – qui renaît partout en Europe - , du militarisme, des intégrismes religieux de toutes sortes, du néolibéralisme ravageur et du néocolonialisme sous toutes leurs formes.

 C’est pourquoi en cet automne 2019, les antifascistes conséquents, et parmi eux les communistes, mais aussi tous les vrais démocrates, patriotes, progressistes, internationalistes et autres défenseurs de la paix doivent – sans renoncer à leur réflexion critique propre sur la première expérience socialiste de l’histoire – récuser catégoriquement l’anticommunisme, et en particulier l’amalgame odieux et indécent qui assimile, sous le nom de « totalitarisme », le nazi-fascisme à ses principaux ennemis et vainqueurs historiques, l’Union soviétique et le communisme organisé. Cette résistance à la déferlante anticommuniste hexagonale, européenne et mondiale concerne tous ceux qui, communistes ou pas, ont compris que, comme disait Bertolt Brecht, « il est toujours fécond le ventre dont a surgi la Bête immonde » : cette « Bête », c’est le fascisme et la fascisation, y compris quand ils prennent des formes « nouvelles » et pseudo-modernes. Quant à ce « ventre fécond », il porte toujours les mêmes noms : exploitation capitaliste, domination impérialiste et décervelage anticommuniste cachant la haine de classe des dominants à l’encontre de celles et de ceux qui résistent à la mondialisation contre-révolutionnaire et à ses prédations déshumanisantes et potentiellement exterminatrices.  

*suivi le 10 juillet 1940 par l’Appel clandestin Maurice Thorez-Jacques Duclos proclamant que « jamais, un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ».

Pour la direction nationale du CISC, Pierre Pranchère, président d’honneur, ancien député, ancien Résistant FTPF, Jean-Pierre Hemmen, président exécutif du CISC, fils de Fusillé de la Résistance, Vincent Flament, secrétaire général et rédacteur en chef de Solidarité de classe, Madeleine Dupont, trésorière nationale, Georges Gastaud, secrétaire international, fils d’un Résistant gaulliste.

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S’associent à ce texte : Léon Landini, anc. officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur, décoré par l’URSS pour faits de Résistance, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté, président national du Pôle de Renaissance Communiste en France (92) ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, historienne (Paris VII) ; Jacques Kmieciak, journaliste, militant CGT, président de l’association des Amis d’Edward Gierek (62) ; Annette Mateu-Casado, coordinatrice nationale du PRCF, fille de combattants communistes antifranquistes (66) ; Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF, agrégé d’histoire (78) ; Gilda Guibert, agrégée d’histoire, animatrice des Cafés marxistes (Paris) ; Jany Sanfelieu, militante PRCF, fille de combattant républicain espagnol antifasciste (89) ; Aurélien Djament, mathématicien, syndicaliste au CNRS (59) ; Jean-Claude Houseaux, médecin (84) ; Didier Olmos, militant du PRCF (18) ; Marie-France Fovet, militante internationaliste (56) ; Gilliatt de Staërck, conducteur, responsable national des Jeunes pour la renaissance communiste en France (22) ; Stéphane Sirot, historien du syndicalisme et du mouvement social (59) ; Anna Persichini, militante syndicale de la métallurgie (06) ; Anne-Marie Coustou, professeur d’histoire retraitée ; José Minard, ouvrier du bâtiment retraité, responsable PRCF du Boulonnais ; Ekin Tek, militant communiste (75) ; Michel Aymerich, auteur (34); Roland Delcourt, Journaliste retraité, Shenzen (République populaire de Chine).

Ripostons face à la réécriture éhontée de l'histoire !
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