22 juin 1941, l'invasion de l'Union soviétique commence!

22 juin 1941, l'invasion de l'Union soviétique commence!

Article complété le 31 octobre 2017

Par Michel AYMERICH

Le 22 juin 2016, un jeune Juif portant kippa était agressé à Berlin, l'ancienne capitale du troisième Reich, par trois « Arabes »[1]. Le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie envahissait l'URSS. Il s'ensuivit la plus grande guerre de tous les temps; les plus grandes batailles de l'histoire, dont Stalingrad continue de frapper les esprits; les plus grands massacres par balles, dont Babi Yar; la conférence de Wansee et la décision de «la solution finale»; Auschwitz; la plupart des 6 millions de Juifs tués parce-que Juifs; 28 millions de morts soviétiques !

Ce faisant, l'Allemagne nazie entreprenait d'accomplir ce pourquoi le parti nazi (NSDAP) la destinait. Créé en février 1920, l'année suivant la fondation de l'Internationale communiste (mars 1919), le but du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei. En français Parti ouvrier allemand national-socialiste) était de combattre et d'anéantir selon sa terminologie le « judéo-bolchévisme », dont l'Union soviétique était le foyer propagateur.

De nombreux dirigeants révolutionnaires de Russie et d'Allemagne étaient "Juifs"!

Pour les nazis, l'Union des républiques socialistes soviétiques était un État juif, inspiré par le judéo-bolchévisme, dont les Juifs constituaient la base raciale. Pour les fascistes allemands, la mise en exergue par les « Russes blancs » de la judéité de Trotsky (né Lev Davidovitch Bronstein), premier commissaire du peuple aux affaires étrangères, créateur et chef de l'Armée rouge, ainsi que co-fondateur avec Lénine de l'Internationale communiste en 1919, puis de l'URSS qui succédait en 1922 à la République fédérative socialiste soviétique de Russie, en apportait une démonstration parmi d'autres.

Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!

Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!

Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...
Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...

Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...

Yakov Sverdlov (son père s'appelait Michaim-Moshe Israelewitsch Gauchmann) fut chef de l’État soviétique. Aujourd'hui, un Oblast (unité administrative du type "région") porte toujours son nom. En novembre 1917, il remplace Lev Kamenev (né Rosenfeld) au poste de Président du Comité exécutif central. Aux yeux des nazis, un Juif remplaçait donc un autre Juif. Peu leur importait, à eux comme à tous les antisémites, que seul le père de Kamenev était Juif. La surdétermination « raciale » et culturelle, voilà ce qui importait... Kamenev qui avait épousé la sœur de Trotsky, fut membre du Politbureau et en outre Président de celui-ci. Grigori Zinoviev (né Ovseï-Gerchen Aronovitch Radomyslski-Apfelbaum) était Juif. Il était membre du Politbureau et Président du Comité exécutif de l'Internationale communiste, le parti international de la révolution mondiale, dont le KPD (Parti communiste d'Allemagne) était une section qui obéissait aux directives du centre situé à Moscou. Karl Radek (né Karol Sobelsohn), lequel sera envoyé par Lénine en tant que « instructeur» en Allemagne, alors en pleine révolution, était Juif....

En Allemagne, la réaction prenait en compte également la judéité de Rosa Luxemburg, dont a aimé plus tard, soit dit en passant, mettre en exergue la remarque suivante : «La liberté, c'est toujours la liberté de ceux qui ne pensent pas comme vous» [2] pour mieux faire oublier la conclusion de son opuscule La révolution russe :

« En Russie, le problème ne pouvait être que posé. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au "bolchevisme". » [3]

Conclusion, ô combien plus importante, dans une Allemagne révolutionnaire, et aux yeux de la contre-révolution qui ne tarda pas à prendre la forme la plus conséquente du parti nazi !

Il n'échappa pas, non plus, aux nazis que Leo Jogiches, fondateur avec Rosa Luxembourg en 1898 du SKKPiL (le parti marxiste de Pologne et de Lituanie) et assassiné après elle en mars 1919, était également Juif. Tous deux furent en Allemagne, avec Karl Liebknecht, les dirigeants éminents des spartakistes, lesquels furent à l'Allemagne ce que les Bolchéviks étaient à la Russie...

Pour la réaction, dont les nazis furent la pointe la plus acérée, la judéité de Paul Levi qui fut Président du Parti communiste d'Allemagne (son exclusion par la suite sur décision de l'exécutif de l'Internationale communiste n'apparaissait aux yeux des antisémites que comme un épiphénomène) n'était pas un hasard, ni celle de Kurt Eisner qui contribua au renversement de la monarchie bavaroise et proclama la République libre de Bavière (libre de la monarchie...). Il en fut le premier ministre-président et le ministre des Affaires étrangères. Assassiné, il sera remplacé par Eugen Leviné, également Juif, dirigeant de la République des conseils de Bavière (ou République soviétique de Bavière) qui remplaça la république libre, laquelle s'était effondrée... Il fut à son tour tué.

Certes les chefs spartakistes furent assassinés. Certes le KPD (Parti communiste d'Allemagne) fut largement anéanti en 1933, quoique la résistance allemande interne communiste (trop souvent ignorée actuellement !) exista...

Edition spéciale de novembre 1938 du journal "Le drapeau rouge" (Die Rote Fahne) du Parti communiste d'Allemagne clandestin condamnant  le pogrom contre les Juifs, connu sous le nom de "Nuit de cristal"... Copyright Michel Aymerich

Edition spéciale de novembre 1938 du journal "Le drapeau rouge" (Die Rote Fahne) du Parti communiste d'Allemagne clandestin condamnant le pogrom contre les Juifs, connu sous le nom de "Nuit de cristal"... Copyright Michel Aymerich

Certes, sous Staline la grande majorité des Bolchéviks fut assassinée.

Certes, une fois que les tentatives soviétiques de créer un système de sécurité européenne avec la France, la Grande Bretagne et d'autres Etats européens échouèrent et que Staline envisagea de gagner du temps par la signature d'un pacte de non agression avec l'Allemagne nazie, il remplaça Maxime Litvinov (né Meir Henoch Mojszewicz Wallach-Finkelstein) par Viatcheslav Molotov (né Viatcheslav Mikhaïlovitch Skriabine) au poste de commissaire du peuple aux affaires étrangères. Litvinov était Juif, pas Molotov.

Mais Polina Semionovna Jemtchoujina (née Perl Karpovskaïa) était l'épouse juive[4] de Molotov, quoique elle fut exclue du Comité central en février 1941, soit avant l'invasion de l'URSS et alors donc que le Pacte de non-agression n'était pas encore violé... Lazare Moïsseïevitch Kaganovitch était membre du Politbureau et il le restera jusqu'à son exclusion par Nikita Khrouchtchev en 1957.

Lev Zakharovitch Mekhlis, «[m]embre d'une organisation sioniste de 1914 à 1918. Commissaire politique dans l'Armée rouge, il entre en 1921 à l'inspection ouvrière et paysanne. De 1922 à 1926, il exerce dans l'appareil du Secrétariat du Comité central. Nommé en 1930, rédacteur en chef de la Pravda, il est élu en 1934 membre suppléant du Comité central puis titulaire en 1937 (par cooptation). Il dirige de 1937 à 1940 la Direction principale de la propagande politique de l'Armée rouge. En 1941-1942, il est vice-commissaire du peuple à la Défense. Membre de nombreux conseils du Front pendant la durée de la guerre. De 1946 à 1950, ministre du contrôle d’État, écarté pour raisons de santé (réelles). Il meurt sept semaines avant Staline, oublié de lui et de tous. [5]»

Au premier plan à gauche, Nikita Khrouchtchev et Lev Mekhlis au centre, durant la Seconde Guerre mondiale en Bessarabie. Source: http://anr.infoideea.ro/basarabia1940/page3.html?lang=ro

Au premier plan à gauche, Nikita Khrouchtchev et Lev Mekhlis au centre, durant la Seconde Guerre mondiale en Bessarabie. Source: http://anr.infoideea.ro/basarabia1940/page3.html?lang=ro

Autant d'éléments, comme on le verra plus loin, qui confortait la réaction, dont celle d'extrême droite et particulièrement la réaction fasciste allemande.

De nombreux cadres du parti et de l'armée rouge étaient juifs. Dans Stalingrad, le film de Jean Jacques Arnaud, l'acteur Joseph Fiennes joue le rôle d'un commissaire politique juif de l'armée rouge, amoureux d'une camarade juive, elle-même amoureuse du protagoniste principal, le tireur d'élite Vassili Zaïtsev qui a réellement existé.

L'écrivain Ilya Ehrenbourg était juif. Il joua un rôle considérable dans la lutte idéologique contre l'Allemagne nazie en tant que contributeur prolifique du journal de l'Armée Étoile rouge. Face à la guerre totale contre l'URSS, guerre comportant une dimension d'extermination biologique des Juifs (hommes, femmes, enfants juifs, croyants ou non, mais aussi des Tziganes et des cadres communistes), il écrit ces mots le 24 juillet 1942: «Désormais, le mot «Allemand» fait partir ton fusil tout seul. Ne disons rien. Ne nous indignons pas. Tuons. Si tu n’as pas tué un Allemand par jour, ta journée est perdue… Si tu ne tues pas l’Allemand, c’est lui qui te tuera… Si tu ne peux pas tuer un Allemand avec une balle, tue-le à la baïonnette… Si tu as tué un Allemand, tues-en un autre— à l’heure actuelle il n’est rien de plus réconfortant pour nous autres que de voir des cadavres allemands. Ne compte pas les jours, ne compte pas les kilomètres. Compte une seule chose : les Allemands que tu auras tués. Tue l’Allemand ! C’est ce que te demande ta vieille mère. L’enfant t’implore : tue l’Allemand ! Tue l’Allemand ! C’est ce que réclame ta terre natale. Frappe juste.[6]»

Michel Feith écrit dans sa recension de l'ouvrage Le Siècle juif de Yuri Slezkine: «Le troisième chapitre, «Le premier amour de Babel : la Révolution russe», représente une application de cette nouvelle donne. L’argument en est que, loin d’avoir été persécutés par la Révolution bolchévique, les Juifs en ont souvent été parmi les principales chevilles ouvrières. Le marxisme universaliste était une forme de mercurianisme anti-mercurien, une marche forcée vers la modernité pour abolir la modernité : une fois encore les mercuriens traditionnels se trouvaient avantagés et surreprésentés dans les instances supérieures du Parti, y compris la police politique. A cela s’ajoutait une ferveur messianique, née d’un rejet des formes classiques du judaïsme, l’ «arriération» du shtetl, et l’esprit mercantile du capitalisme.[7]»

Massacre de Babi Yar: 33 771 Juifs furent assassinés les 29 et 30 septembre 1941. Iryna Khoroshunova, habitante de Kiev, écrit indique dans son journal le 2 octobre 1941 :  « Chacun dit maintenant que les Juifs sont assassinés. Non ; ils ont déjà été tués. Tous. Sans exception. Vieilles personnes, femmes, enfants. […] Les gens en parlent d’une telle façon qu’aucun doute n’est permis. Pas un seul train n’a quitté la gare de Bahnhof Lukianivka. Des gens ont vu des camions avec des foulards et d’autres objets partant de la gare. « Minutie » allemande ! Ils ont déjà trié leurs rapines ! Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela. »

Massacre de Babi Yar: 33 771 Juifs furent assassinés les 29 et 30 septembre 1941. Iryna Khoroshunova, habitante de Kiev, écrit indique dans son journal le 2 octobre 1941 : « Chacun dit maintenant que les Juifs sont assassinés. Non ; ils ont déjà été tués. Tous. Sans exception. Vieilles personnes, femmes, enfants. […] Les gens en parlent d’une telle façon qu’aucun doute n’est permis. Pas un seul train n’a quitté la gare de Bahnhof Lukianivka. Des gens ont vu des camions avec des foulards et d’autres objets partant de la gare. « Minutie » allemande ! Ils ont déjà trié leurs rapines ! Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela. »

Éradiquer le communisme à sa racine biologique

Pour les nazis, vaincre l'Union soviétique, c'était par conséquent anéantir le foyer de propagation du «judéo-bolchévisme». En bons ultra-réactionnaires allemands, ils développaient la logique fasciste jusqu'à ses ultimes conséquences. Le fascisme s'était traduit en Italie puis en Allemagne par l'anéantissement de toute résistance ouvrière aux besoins du capital et à ses buts impérialistes. L'anéantissement, donc, des organisations du mouvement ouvrier. Ses partis, ses syndicats, ses associations, ainsi que tous les acquis démocratiques, d'ordre sociétal, culturel, juridique qui rendaient possibles ces organisations et présentaient autant d'appuis pour de nouvelles conquêtes démocratiques, dont la révolution socialiste devait devenir la base d'un développement qualitatif ultime de tous les acquis.

«La révolution n’est pas la démocratie. Elle ne fait que préparer la démocratie.» avait dit Kurt Eisner. Dialectique qui n'échappait pas à la réaction et particulièrement pas aux nazis pour qui le but de la démocratie était aux antipodes des buts de conquêtes et de colonisation des vastes territoires de l'URSS...

Pour les nazis, il fallait au contraire pouvoir «libérer» de toute contrainte d'ordre démocratique, politique ou moral l'énergie de conquête du «peuple allemand» mise au service de l'impérialisme le plus brutal, le plus décomplexé imaginable. L'éminent philologue Victor Klemperer observait dans LTI (Lingua Tertii Imperii) que le nazisme est «fondé sur le fanatisme [8]».

Pour les «nationaux-socialistes», il fallait en finir avec toute velléité d'internationalisme. Le mot d'ordre de «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !» qui promouvait la lutte des classes clôt le Manifeste du Parti Communiste. Eh bien, il devait être remplacé par la pratique fanatique de la lutte des races, en premier lieu contre la «race juive». Karl Marx qui avec Engels avait rédigé le Manifeste du Parti Communiste était désigné comme Juif. Ses livres, comme tous les livres marxistes (et au delà), devaient être brûlés. Comme devaient être détruits ceux de leurs auteurs encore en vie. Comme devaient être physiquement éliminés celles et ceux susceptibles de produire de nouveaux ouvrages «subversifs» à l'avenir. Pour les fascistes allemands, la subversion devait être définitivement éradiquée. Elle était «judéo-bolchévique» et sa base «raciale» était juive, comme sa culture était judaïque ou d'inspiration judaïque. Elle avait produit la révolution russe, elle avait produit l'URSS, elle avait provoqué la défaite militaire de l'Allemagne et créé une situation révolutionnaire. L’Allemagne échappa, en effet, de peu à la révolution socialiste.

Les nazis dans la poursuite de leur logique implacable avaient entrepris la liquidation de toute résistance à leurs plans et par conséquent l'éradication du communisme à sa racine biologique. Cette racine était selon eux essentiellement la racine juive.

En réaction à la révolution allemande de novembre 1918, le Kaiser Wilhelm II avait écrit dans son Tagebuch (journal) en décembre 1919 «Aucun Allemand ne peut avoir de tranquillité jusqu'à ce que ces parasites (les Juifs) soient supprimés et éradiqués de la Terre allemande [Je souligne, M.A.] [9]».

Moins de trois mois plus tard, le 24 février 1920 le NSDAP était créé avec à sa tête Adolf Hitler afin de combattre le marxisme et notamment le marxisme révolutionnaire représenté par le bolchévisme, qualifié opportunément de «judéo-bolchévisme» par la réaction, dont les nazis étaient la fraction la plus extrême et la plus conséquente...

Ainsi, trois semaines plus tôt, le 8 février 1920, Illustrated Sunday Herald publiait un discours[10] de Winston Churchill, secrétaire d’État à la guerre  de l'Empire britannique, à partir de janvier 1919, qui contient des passages significatifs de l'état d'esprit des chiens enragés - le qualificatif est loin d'être exagéré [11] -  du capital britannique. Ou en des termes moins économiques et plus sociologiques, l'état d'esprit conservateur de la classe sociale dirigeante. Les cibles sont clairement désignées, ce sont les...«Juifs terroristes» (l'un des sous-titres de l'article!) représentés notamment par un Trotsky, dont la «cruelle puissance de sa pensée ne lui laisse aucun doute que ses plans pour établir un État communiste à l'échelle mondiale, sous domination juive [sic], sont directement sapés et gênés par ce nouvel idéal, qui dirige les énergies et les espoirs des Juifs de tous les pays vers un but plus simple, plus vrai, et de loin plus facile à atteindre [«Un foyer pour les Juifs», M. A.].», dixit Churchill.

Dans ce même discours, W. Churchill désignait les «Juifs internationaux» qu'il accusait ainsi :

«Il n'y a pas de raison d'exagérer la part jouée dans la création du Bolchevisme et l'apport réel à la Révolution Russe par ces Juifs internationaux et pour la plupart, athées. Elle est certainement très grande; elle dépasse probablement en importance toutes les autres. A l'exception notable de Lénine, la majorité des personnages dirigeants sont des Juifs. Plus encore, l'inspiration principale [sic] et le pouvoir dirigeant viennent des dirigeants juifs.[Passages soulignés par moi, M.A.]»

Aussi le 30 janvier 1939, Hitler, animé de sa Weltanschauung fasciste - donc plus conséquent que ses illustres prédécesseurs (au nombre desquels le Kaiser Wilhelm II et le secrétaire d’État à la guerre  de l'Empire britannique, Winston Churchill) qui devaient passer toutefois à ses yeux comme de simples artisans en matière de lutte contre le bolchévisme -, pouvait-il déclarer dans un discours au Reichstag:

«Aujourd’hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d’Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la Bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l’anéantissement de la race juive en Europe. [Passages soulignés par moi, M.A.] [12]»

Le projet «[d]'anéantissement de la race juive en Europe» était le corollaire du combat des fascistes allemands, dont Hitler, avait été le représentant le plus bruyant et fanatique, puis le «Führer» chargé d'accomplir la «prophétie». Il fallait bien un vocabulaire religieux pour fanatiser la chair à canons. En vérité les futurs bourreaux-victimes des batteries de Katiouchas...

Corollaire mais aussi passage obligé afin de déblayer biologiquement et idéologiquement (dans la conception fasciste du monde la «race», ici «Juive», détermine l'idéologie...) le passage sur la voie de la destruction de l'URSS et la mise en coupe réglée de ses peuples et de ses immenses territoires, les plus vastes du monde...

Le Kaiser Wilhelm II et le secrétaire d’État à la guerre de l'Empire britannique, Winston Churchill avaient contribué à préparer idéologiquement le terrain, mais en demeurant empêtré dans les limites d'une pensée réactionnaire incohérente. Le Fascisme allemand développera cette pensée en la mettant en cohérence avec elle-même! 

Première photo: "L’antisémitisme signifie répandre la haine contre les juifs. Quand la monarchie tsariste maudite vivait ses derniers jours, elle essaya de monter les ouvriers et paysans ignorants contre les juifs." (Lénine, 1919). Seconde photo:" Le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l'extermination physique des Juifs." (Trotsky, décembre 1938)
Première photo: "L’antisémitisme signifie répandre la haine contre les juifs. Quand la monarchie tsariste maudite vivait ses derniers jours, elle essaya de monter les ouvriers et paysans ignorants contre les juifs." (Lénine, 1919). Seconde photo:" Le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l'extermination physique des Juifs." (Trotsky, décembre 1938)

Première photo: "L’antisémitisme signifie répandre la haine contre les juifs. Quand la monarchie tsariste maudite vivait ses derniers jours, elle essaya de monter les ouvriers et paysans ignorants contre les juifs." (Lénine, 1919). Seconde photo:" Le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l'extermination physique des Juifs." (Trotsky, décembre 1938)

«L’antisémitisme signifie répandre la haine contre les juifs.» expliquait Lénine qui poursuivait dans un discours : «Quand la monarchie tsariste maudite vivait ses derniers jours, elle essaya de monter les ouvriers et paysans ignorants contre les juifs.
La police tsariste, en alliance avec les propriétaires terriens et les capitalistes, organisa des pogroms contre les juifs.
Les propriétaires terriens et les capitalistes essayèrent de dévoyer par défaut la haine des ouvriers et paysans torturés contre les juifs.Dans d’autres pays aussi, on voit souvent les capitalistes fomenter la haine contre les juifs afin d’aveugler les ouvriers, de détourner leur attention du véritable ennemi du peuple travailleur, le capital […] » [13]

Dès décembre 1938, Trotsky réaffirmait sa conviction que seul le combat révolutionnaire offrait une solution face à ce qui était devenue sa «certitude [de] l'extermination des juifs» qui s'annonçait:

«La victoire du fascisme dans ce pays [la France, M.A.] signifierait un grand renforcement de la réaction et une monstrueuse croissance d'un violent antisémitisme dans le monde entier, surtout aux États Unis. Le nombre de pays qui expulsent les Juifs ne cesse de croître. Le nombre de pays capables de les accueillir diminue. En même temps la lutte ne fait que s'exacerber. Il est possible d'imaginer sans difficulté ce qui attend les Juifs dès le début de la future guerre mondiale. Mais, même sans guerre, le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l'extermination physique des Juifs

Il avait écrit ces lignes avant la signature du Pacte de non-agression[14] des représentants de l'URSS avec l'Allemagne nazie, lesquels espéraient repousser le plus longtemps possible l'inévitable[15] guerre totale des fascistes contre -selon la conception fasciste du monde- la matérialisation étatique du «judéo-bolchévisme», l’État soviétique [16].

27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël... 27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...
27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

Le Grand Mufti de Jérusalem et l'autre face de l'antisémitisme exterminateur

L'antisémitisme programmatique des dirigeants nazis a été stoppé. Les nazis ont perdu la guerre. Le nazisme a été militairement vaincu, son idéologie largement discréditée sous sa forme classique. Mais le nazisme ne fut pas l'unique source de l'antisémitisme exterminateur.

« [C]’est un fait historique que la collaboration avec Hitler du Grand Mufti de Jérusalem a joué un rôle important dans l’holocauste. Il était le plus important conseiller non européen dans le processus de destruction des juifs d’Europe» explique l'historien Wolfgang Schwanitz.[17].

Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...

Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...

Sans la victoire de l'Armée rouge, ses ouvriers et ses paysans, mais aussi ses intellectuels, ses cadres et ses 500.000 Juifs, le Grand Mufti aurait pu mener à bien son plan d'extermination des Juifs de Palestine et de tous les pays islamisés. Israël, l’État de l'autodétermination des Hébreux n'aurait pas pu voir le jour.

Mais n'oublions pas que ce Grand Mufti de Jérusalem qui contribua à la formation de la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar poursuivra jusqu'à sa mort en 1974 au Liban son combat contre les Juifs, contre les idées de progrès, contre l'aspiration à la démocratie, dont les Juifs furent et sont fréquemment les vecteurs les plus ardents. Selon Amnon Kapeliouk dans "Arafat l'irréductible", Yasser Arafat s'était revendiqué comme étant le petit-neveu du grand mufti de Jérusalem...

Les disciples, conscients ou non, du Grand Mufti sont légions dans les pays islamisés. Les livres ouvertement antisémites, dont Mein Kampf, se trouvent aisément au Maroc, sans que le petit nombre de Juifs subsistant encore ce pays s'insurge un tant soit peu... Mais, quelque soit la richesse relative d'une majorité d'entre-eux, le peuvent-ils ? Ou bien les habitudes de comportements hérités du statut de dhimmi sont-elles l'explication de cette passivité? Les deux, sans doute...

Les livres de et sur Hitler, mais aussi - ce qui est pire, car il sévit actuellement!- ceux de Youssef al-Qaradâwî (Président de l'Union internationale des savants musulmans, membre du Conseil européen de la Fatwa) qui le 30 janvier 2009 tient ces propos sur la chaîne Al Jazeera (très regardée dans les pays islamisés, dont le Maroc!) : «Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait — et bien qu'ils [les Juifs] aient exagéré les faits —, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des croyants» [18].

Livre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la  place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés)  à Marrakech. Copyright Michel AymerichLivre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la  place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés)  à Marrakech. Copyright Michel Aymerich

Livre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés) à Marrakech. Copyright Michel Aymerich

En Allemagne, grâce à la victoire militaire remportée sur le fascisme, un travail de critique (malgré ses limites), d'auto-critique, de déconstruction systématique du nazisme a permis de criminaliser l’antisémitisme exterminateur. Mais ce travail présente des lacunes, car l'antisémitisme a pu renaître sous la forme de "l'antisionisme", forme sous laquelle il s'est largement répandu en Europe et dans le monde.

Dans le vaste monde islamisé, les tenants de "l'antisionisme" ne cachent pas qu'il n'est qu'une forme d'antisémitisme. Il n'est là-bas que l'expression moderne de la haine traditionnelle des Juifs, accusés de n'avoir pas adhéré à l'Islam et par conséquent de ne pas être devenus musulmans, et en ce qui concerne les sionistes d'avoir osé se libérer définitivement de toute dhimmitude en édifiant leur autodétermination!

Sans un islam épuré; un islam séparé radicalement de l’État et du politique; un islam contraint d'accepter l'apostasie, donc la liberté de choisir sa religion ou l'athéisme; un islam contraint d'accepter l'égalité des hommes et des femmes, l'anti-judaïsme (ou antisémitisme) gardera sa vigueur. Car le Juif, surtout ouvertement "sioniste", est l'image par excellence de la résistance à l'impérialisme arabo-musulman et au totalitarisme politico-religieux qui le structure idéologiquement.

Tant qu'un travail, sur plusieurs générations, d'extirpation radicale de l'antisémitisme et de ses racines, ne sera pas entrepris dans les 57 pays de l'Organisation de Coopération Islamique, aucune paix durable ne sera garantie ni aucun progrès social majeur dans ces pays. Les Juifs et l’État hébreu demeureront potentiellement menacés par l'épée de Damoclès du dogme islamique; les libertés acquises par les femmes et les peuples dans le monde occidental et partout ailleurs seront régulièrement contestées avec leur lot d'attentats, de terrorisme, de massacres. Et le 22 juin 1941 demeurera dans les 57 pays de l'Organisation de Coopération Islamique une date massivement ignorée dans son existence, et plus encore dans sa signification réelle que j'ai tenté de mettre ici en exergue...

NOTES :

[1 ] Je mets entre guillemets l'identité supposée des agresseurs, tant l'habitude est répandue de confondre Berbères et Arabes, lorsqu'on désigne des musulmans nord-Africains, « oubliant », ce faisant que très nombreux ont été les Berbères (et les Juifs!) arabisés et islamisés de force qui n'en sont pas moins restés des Berbères par leur histoire, des pans entiers de leur culture, dont la langue, et leurs liens familiaux...

[2] « Une liberté réservée aux seuls partisans du gouvernement, aux seuls membres d'un parti - si nombreux soient-ils -, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de ceux qui ne pensent pas comme vous. Ce n'est pas par quelque souci fanatique de "justice", mais parce que tout ce que la liberté politique a de vivifiant, de salutaire et de purifiant dépend de ce caractère essentiel, et que ces vertus cessent d'agir quand la "liberté" devient un privilège.. » « Remarque dans la marge gauche sans renvoi précis » peut-on lire in La révolution russe, Rosa Luxemburg : https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus4.htm

[3] «Sous ce rapport, Lénine, Trotsky et leurs amis ont été les premiers qui aient montré l'exemple au prolétariat mondial; ils sont jusqu'ici encore les seuls qui puissent s'écrier avec Hutten : "J'ai osé!" C'est là ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks. En ce sens, il leur reste le mérite impérissable d'avoir, en conquérant le pouvoir et en posant pratiquement le problème de la réalisation du socialisme, montré l'exemple au prolétariat international, et fait faire un pas énorme dans la voie du règlement de comptes final entre le Capital et le Travail dans le monde entier. En Russie, le problème ne pouvait être que posé. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au "bolchevisme". » Ibid.

[4] Durant les années 1920, sa sœur émigre en Palestine et elle même se lie d'amitié avec Golda Meir qui arrive à Moscou en novembre 1948 en tant que première ambassadrice israélienne en URSS...https://fr.wikipedia.org/wiki/Polina_Jemtchoujina

[5] Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard 2001, p. 888.

[6] Lilly Marcou, Ilya Ehrenbourg. Un homme dans son siècle, Paris, Plon, 1992, p. 209.

[7] Portrait du siècle en roman familial minoritaire : Le Siècle juif, de Yuri Slezkine.https://erea.revues.org/1735

[8] «J’appelle cela une rechute comique; car, le national-socialisme étant fondé sur le fanatisme et pratiquant par tous les moyens l’éducation au fanatisme, «fanatique» a été durant toute l’ère du Troisième Reich un adjectif marquant, au superlatif, une reconnaissance officielle» in Victor Klemperer, LTI , La langue du IIIème Reich, Albin Michel. http://www.lesauterhin.eu/victor-klempererlti-fanatique/

[9] «Kein Deutcher darf Ruhe geben, bis diese Parasiten (die Juden) von der deutschen Erde getilgt und ausgerottet sind. » in J.C.C. Röhl and N. Sombart (Hg.) Kaiser Wilhelm II: New Interpretations, Cambridge 1984. Cité in Ernest Mandel, Der Zweite Weltkrieg, Frankfurt 1991, p.92.

[10] «Il n'y a pas de raison d'exagérer la part jouée dans la création du Bolchevisme et l'apport réel à la Révolution Russe par ces Juifs internationaux et pour la plupart, athées. Elle est certainement très grande ; elle dépasse probablement en importance toutes les autres. A l'exception notable de Lénine, la majorité des personnages dirigeants sont des Juifs. Plus encore, l'inspiration principale et le pouvoir dirigeant viennent des dirigeants juifs. Ainsi Tchitchérin, un pur Russe, est éclipsé par son subordonné nominal Litvinov, et l'influence de Russes comme Boukharine ou Lunacharsky ne peut pas être comparée avec le pouvoir de Trotsky, ou de Zinoviev, le dictateur de la Citadelle Rouge (Petrograd), ou de Krassine ou de Radek -- tous des Juifs. Dans les institutions des Soviets la prédominance des Juifs est encore plus stupéfiante. Et la part la plus marquante, sinon la principale, dans le système de terrorisme appliqué par les Commissions Extraordinaires pour Combattre la Contre-Révolution [Tchéka] a été prise par les Juifs, et en quelques cas notables par des Juives.

La même importance néfaste a été obtenue par les Juifs pendant la brève période de terreur durant laquelle Bela Kùn domina en Hongrie. Le même phénomène s'est présenté en Allemagne (spécialement en Bavière), dans la mesure où cette folie a pu se déchaîner du fait de la prostration temporaire du peuple allemand. Bien que dans tous ces pays il y avait beaucoup de non-juifs en tous points aussi mauvais que les pires des révolutionnaires juifs, la part représentée par les derniers en proportion de leur nombre dans la population est stupéfiante. […] La cruelle puissance de sa pensée ne lui laisse aucun doute que ses plans pour établir un État communiste à l'échelle mondiale, sous domination juive, sont directement sapés et gênés par ce nouvel idéal, qui dirige les énergies et les espoirs des Juifs de tous les pays vers un but plus simple, plus vrai, et de loin plus facile à atteindre. Le combat qui commence à présent entre les Juifs sionistes et bolcheviks est guère moins qu'un combat pour l'âme du peuple juif.» Winston Churchill, Sionisme contre Bolchevisme: un combat pour l'âme du peuple juif, in Illustrated Sunday Herald, 8 février 1920, page 5. http://library.flawlesslogic.com/ish_fr.htm

[11] Churchill était non seulement un antibolchévique acharné, cynique prêt à soutenir les pires antisémites pour atteindre ses buts, mais - ce qui était cohérent avec sa démarche d’accommodement de l'antisémitisme - également un homme prêt à s'accommoder d'une pratique criminelle de mépris des «tribus non civilisées». Ce n'était pas du racisme à proprement parler (doctrine fondée sur la théorie d'une hiérarchie biologique des races impliquant que les «races» supérieures commandent les «races inférieures»..), mais une démarche qui l'encourageait: «Le secret doit être préservé à tout prix. L’état-major général de l’Empire britannique sait que le monde serait outré si l’on apprenait que Londres a l’intention d’utiliser son arsenal d’armes chimiques. Mais Winston Churchill, alors secrétaire d’État à la Guerre, balaie leurs scrupules d’un revers de main. Depuis longtemps partisan de la guerre chimique, il est décidé à s’en servir contre les bolcheviques en Russie. Durant l’été 1919, quatre-vingt-quatorze ans avant l’attaque dévastatrice en Syrie, Churchill prépare et fait lancer une attaque chimique d’envergure.[...] Je suis fermement en faveur de l'utilisation de gaz toxiques contre les tribus non civilisées (il souhaitait également l'utiliser contre des tribus en Inde) (…) les objections du ministère de l'Inde face à l'emploi des gaz contre les indigènes sont déraisonnables. Le gaz est une arme plus miséricordieuse que les explosifs de forte puissance, et contraint l'ennemi à accepter une décision en causant moins de pertes que tout autre agent de la guerre. (…) En quoi serait-il injuste qu'un artilleur britannique tire un obus qui fera éternuer ledit indigène ? Vraiment, c'est trop bête. [Je souligne, M.A.]» Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat, https://www.courrierinternational.com/article/2013/09/13/quand-winston-churchill-approuvait-les-gaz-de-combat

[12] http://www.phdn.org/histgen/hitler/declarations.html#note13

[13] Contre l’antisémitisme : discours enregistré de Lénine, 1919. Discours entier, à lire ici: http://matierevolution.fr/spip.php?article1535 et à entendre dans la vidéo suivante* : https://www.youtube.com/watch?v=rj7iRwzX-A0

* La version française a été CENSURÉE fin 2017! Voir mon tweet:  Où va la France? #CENSURE discours de #Lénine contre l'#antisémitisme traduit en français sur #Youtube! Anglais: https://t.co/E00zXyMJfN https://t.co/P3n2IFDu4X

[14]«Dans la situation existante, une alliance de l’U.R.S.S. avec un État impérialiste ou un bloc impérialiste contre un autre, en cas de guerre, ne doit pas être considérée comme exclue. Sous la pression des circonstances, une alliance temporaire de ce type peut devenir une nécessité de fer, sans cesser pour autant, cependant, de constituer un danger grave, tant pour l’U.R.S.S. que pour la révolution mondiale.

Le prolétariat international ne refusera pas de défendre l’U.R.S.S. si cette dernière se trouve obligée de s’allier militairement à des impérialismes contre d’autres. Mais, dans ce cas, plus encore, le prolétariat international doit sauvegarder son indépendance politique totale vis-à-vis de la diplomatie soviétique, et ainsi, de même, vis-à-vis de la bureaucratie de la IIIe Internationale. » Léon Trotsky, La guerre et la IVe Internationale (10 juin 1934): https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm

[15] En 1932, donc avant la nomination d'Hitler au poste de chancelier par le Feldmaréchal Von Hindenburg, Trotsky prévoyait: «Peu importe de savoir qui, des deux adversaires, prendra formellement l'initiative ; une guerre entre l’État hitlérien et l'Union soviétique serait inévitable, et cela à brève échéance. Les conséquences de cette guerre seraient incalculables.», La victoire d'Hitler signifierait la guerre contre l'U.R.S.S., https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/00/320000a.htm

[16] La bourgeoisie juive et la lutte révolutionnaire, 22 décembre 1938, https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/12/lt19381222a.htm

[17] http://www.meforum.org/5574/schwanitz-husaini

[18] http://www.memritv.org/clip/en/2005.htm

Retour à l'accueil