22 juin 1941, l'invasion de l'Union soviétique commence!

22 juin 1941, l'invasion de l'Union soviétique commence!

Par Michel AYMERICH

Le 22 juin 2016, un jeune Juif portant kippa était agressé à Berlin, l'ancienne capitale du troisième Reich, par trois « Arabes »[1]. Le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie envahissait l'URSS. Il s'ensuivit la plus grande guerre de tous les temps; les plus grandes batailles de l'histoire, dont Stalingrad continue de frapper les esprits; les plus grands massacres par balles, dont Babi Yar; la conférence de Wansee et la décision de «la solution finale»; Auschwitz; la plupart des 6 millions de Juifs tués parce-que Juifs; 28 millions de morts soviétiques !

Ce faisant, l'Allemagne nazie entreprenait d'accomplir ce pourquoi le parti nazi (NSDAP) la destinait. Créé en 1920, l'année suivant la fondation de l'Internationale communiste (mars 1919), le but du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei. En français Parti ouvrier allemand national-socialiste) était de combattre et d'anéantir selon sa terminologie le « judéo-bolchévisme », dont l'Union soviétique était le foyer propagateur.

De nombreux dirigeants révolutionnaires de Russie et d'Allemagne étaient "Juifs"!

Pour les nazis, l'Union des républiques socialistes soviétiques était un État juif, inspiré par le judéo-bolchévisme, dont les Juifs constituaient la base raciale. Pour les fascistes allemands, la mise en exergue par les « Russes blancs » de la judéité de Trotsky (né Lev Davidovitch Bronstein), premier commissaire du peuple aux affaires étrangères, créateur et chef de l'Armée rouge, ainsi que co-fondateur avec Lénine de l'Internationale communiste en 1919, puis de l'URSS qui succédait en 1922 à la République fédérative socialiste soviétique de Russie, en apportait une démonstration parmi d'autres.

Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!
Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!

Léon Trotsky, chef de l'Armée rouge, à son bureau; Article de Trotsky dans l'Humanité avant sa stalinisation; Lénine et Trotsky, lors d'un défilé sur la Place rouge; manifestation de protestation contre l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg à Minsk avec des slogans en caractères hébreux et cyrilliques!

Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...
Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...

Caricature antisémite de Trotsky par les Russes blancs et caricature nazie du "Juif éternel"...

Yakov Sverdlov (son père s'appelait Michaim-Moshe Israelewitsch Gauchmann) fut chef de l’État soviétique. Aujourd'hui, un Oblast (unité administrative du type "région") porte toujours son nom. En novembre 1917, il remplace Lev Kamenev (né Rosenfeld) au poste de Président du Comité exécutif central. Aux yeux des nazis, un Juif remplaçait donc un autre Juif. Peu leur importait, à eux comme à tous les antisémites, que seul le père de Kamenev était Juif. La surdétermination « raciale » et culturelle, voilà ce qui importait... Kamenev qui avait épousé la sœur de Trotsky, fut membre du Politbureau et en outre Président de celui-ci. Grigori Zinoviev (né Ovseï-Gerchen Aronovitch Radomyslski-Apfelbaum) était Juif. Il était membre du Politbureau et Président du Comité exécutif de l'Internationale communiste, le parti international de la révolution mondiale, dont le KPD (Parti communiste d'Allemagne) était une section qui obéissait aux directives du centre situé à Moscou. Karl Radek (né Karol Sobelsohn), lequel sera envoyé par Lénine en tant que « instructeur» en Allemagne, alors en pleine révolution, était Juif....

En Allemagne, la réaction prenait en compte également la judéité de Rosa Luxemburg, dont a aimé plus tard, soit dit en passant, mettre en exergue la remarque suivante : «La liberté, c'est toujours la liberté de ceux qui ne pensent pas comme vous» [2] pour mieux faire oublier la conclusion de son opuscule La révolution russe :

« En Russie, le problème ne pouvait être que posé. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au "bolchevisme". » [3]

Conclusion, ô combien plus importante, dans une Allemagne révolutionnaire, et aux yeux de la contre-révolution qui ne tarda pas à prendre la forme la plus conséquente du parti nazi !

Il n'échappa pas, non plus, aux nazis que Leo Jogiches, fondateur avec Rosa Luxembourg en 1898 du SKKPiL (le parti marxiste de Pologne et de Lituanie) et assassiné après elle en mars 1919, était également Juif. Tous deux furent en Allemagne, avec Karl Liebknecht, les dirigeants éminents des spartakistes, lesquels furent à l'Allemagne ce que les Bolchéviks étaient à la Russie...

Pour la réaction, dont les nazis furent la pointe la plus acérée, la judéité de Paul Levi qui fut Président du Parti communiste d'Allemagne (son exclusion par la suite sur décision de l'exécutif de l'Internationale communiste n'apparaissait aux yeux des antisémites que comme un épiphénomène) n'était pas un hasard, ni celle de Kurt Eisner qui contribua au renversement de la monarchie bavaroise et proclama la République libre de Bavière (libre de la monarchie...). Il en fut le premier ministre-président et le ministre des Affaires étrangères. Assassiné, il sera remplacé par Eugen Leviné, également Juif, dirigeant de la République des conseils de Bavière (ou République soviétique de Bavière) qui remplaça la république libre, laquelle s'était effondrée... Il fut à son tour tué.

Certes les chefs spartakistes furent assassinés. Certes le KPD (Parti communiste d'Allemagne) fut largement anéanti en 1933, quoique la résistance allemande interne communiste (trop souvent ignorée actuellement !) exista...

Edition spéciale de novembre 1938 du journal "Le drapeau rouge" (Die Rote Fahne) du Parti communiste d'Allemagne clandestin condamnant  le pogrom contre les Juifs, connu sous le nom de "Nuit de cristal"... Copyright Michel Aymerich

Edition spéciale de novembre 1938 du journal "Le drapeau rouge" (Die Rote Fahne) du Parti communiste d'Allemagne clandestin condamnant le pogrom contre les Juifs, connu sous le nom de "Nuit de cristal"... Copyright Michel Aymerich

Certes, sous Staline la grande majorité des Bolchéviks fut assassinée.

Certes, une fois que les tentatives soviétiques de créer un système de sécurité européenne avec la France, la Grande Bretagne et d'autres Etats européens échouèrent et que Staline envisagea de gagner du temps par la signature d'un pacte de non agression avec l'Allemagne nazie, il remplaça Maxime Litvinov (né Meir Henoch Mojszewicz Wallach-Finkelstein) par Viatcheslav Molotov (né Viatcheslav Mikhaïlovitch Skriabine) au poste de commissaire du peuple aux affaires étrangères. Litvinov était Juif, pas Molotov.

Mais Polina Semionovna Jemtchoujina (née Perl Karpovskaïa) était l'épouse juive [4] de Molotov, quoique elle fut exclue du Comité central en février 1941, soit avant l'invasion de l'URSS et alors donc que le Pacte de non-agression n'était pas encore violé... Lazare Moïsseïevitch Kaganovitch était membre du Politbureau et il le restera jusqu'à son exclusion par Nikita Khrouchtchev en 1957. De nombreux cadres du parti et de l'armée rouge étaient juifs. Dans Stalingrad, le film de Jean Jacques Arnaud, l'acteur Joseph Fiennes joue le rôle d'un commissaire politique juif de l'armée rouge, amoureux d'une camarade juive, elle-même amoureuse du protagoniste principal, le tireur d'élite Vassili Zaïtsev qui a réellement existé.

L'écrivain Ilya Ehrenbourg était juif. Il joua un rôle considérable dans la lutte idéologique contre l'Allemagne nazie en tant que contributeur prolifique du journal de l'Armée Étoile rouge. Face à la guerre totale contre l'URSS, guerre comportant une dimension d'extermination biologique des Juifs (hommes, femmes, enfants juifs, croyants ou non, mais aussi des Tziganes et des cadres communistes), il écrit ces mots le 24 juillet 1942: « Désormais, le mot « Allemand » fait partir ton fusil tout seul. Ne disons rien. Ne nous indignons pas. Tuons. Si tu n’as pas tué un Allemand par jour, ta journée est perdue… Si tu ne tues pas l’Allemand, c’est lui qui te tuera… Si tu ne peux pas tuer un Allemand avec une balle, tue-le à la baïonnette… Si tu as tué un Allemand, tues-en un autre— à l’heure actuelle il n’est rien de plus réconfortant pour nous autres que de voir des cadavres allemands. Ne compte pas les jours, ne compte pas les kilomètres. Compte une seule chose : les Allemands que tu auras tués. Tue l’Allemand ! C’est ce que te demande ta vieille mère. L’enfant t’implore : tue l’Allemand ! Tue l’Allemand ! C’est ce que réclame ta terre natale. Frappe juste. » [5]

Michel Feith écrit dans sa recension de l'ouvrage Le Siècle juif de Yuri Slezkine: « Le troisième chapitre, « Le premier amour de Babel : la Révolution russe », représente une application de cette nouvelle donne. L’argument en est que, loin d’avoir été persécutés par la Révolution bolchévique, les Juifs en ont souvent été parmi les principales chevilles ouvrières. Le marxisme universaliste était une forme de mercurianisme anti-mercurien, une marche forcée vers la modernité pour abolir la modernité : une fois encore les mercuriens traditionnels se trouvaient avantagés et surreprésentés dans les instances supérieures du Parti, y compris la police politique. A cela s’ajoutait une ferveur messianique, née d’un rejet des formes classiques du judaïsme, l’ « arriération » du shtetl, et l’esprit mercantile du capitalisme. » [6]

Massacre de Babi Yar: 33 771 Juifs furent assassinés les 29 et 30 septembre 1941. Iryna Khoroshunova, habitante de Kiev, écrit indique dans son journal le 2 octobre 1941 :  « Chacun dit maintenant que les Juifs sont assassinés. Non ; ils ont déjà été tués. Tous. Sans exception. Vieilles personnes, femmes, enfants. […] Les gens en parlent d’une telle façon qu’aucun doute n’est permis. Pas un seul train n’a quitté la gare de Bahnhof Lukianivka. Des gens ont vu des camions avec des foulards et d’autres objets partant de la gare. « Minutie » allemande ! Ils ont déjà trié leurs rapines ! Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela. »

Massacre de Babi Yar: 33 771 Juifs furent assassinés les 29 et 30 septembre 1941. Iryna Khoroshunova, habitante de Kiev, écrit indique dans son journal le 2 octobre 1941 : « Chacun dit maintenant que les Juifs sont assassinés. Non ; ils ont déjà été tués. Tous. Sans exception. Vieilles personnes, femmes, enfants. […] Les gens en parlent d’une telle façon qu’aucun doute n’est permis. Pas un seul train n’a quitté la gare de Bahnhof Lukianivka. Des gens ont vu des camions avec des foulards et d’autres objets partant de la gare. « Minutie » allemande ! Ils ont déjà trié leurs rapines ! Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela. »

Éradiquer le communisme à sa racine biologique

Pour les nazis, vaincre l'Union soviétique, c'était par conséquent anéantir le foyer de propagation du « judéo-bolchévisme ». En bons ultra-réactionnaires allemands, ils développaient la logique fasciste jusqu'à ses ultimes conséquences. Le fascisme s'était traduit en Italie puis en Allemagne par l'anéantissement de toute résistance ouvrière aux besoins du capital et à ses buts impérialistes. L'anéantissement, donc, des organisations du mouvement ouvrier. Ses partis, ses syndicats, ses associations, ainsi que tous les acquis démocratiques, d'ordre sociétal, culturel, juridique qui rendaient possibles ces organisations et présentaient autant d'appuis pour de nouvelles conquêtes démocratiques, dont la révolution socialiste devait devenir la base d'un développement qualitatif ultime de tous les acquis.

« La révolution n’est pas la démocratie. Elle ne fait que préparer la démocratie. » avait dit Kurt Eisner. Dialectique qui n'échappait pas à la réaction et particulièrement pas aux nazis pour qui le but de la démocratie était aux antipodes des buts de conquêtes et de colonisation des vastes territoires de l'URSS...

Pour les nazis, il fallait au contraire pouvoir « libérer » de toute contrainte d'ordre démocratique, politique ou moral l'énergie de conquête du « peuple allemand » mise au service de l'impérialisme le plus brutal, le plus décomplexé imaginable. L'éminent philologue Victor Klemperer observait dans LTI (Lingua Tertii Imperii) que le nazisme est « fondé sur le fanatisme » [7].

Pour les « nationaux-socialistes », il fallait en finir avec toute velléité d'internationalisme. Le mot d'ordre de « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » qui promouvait la lutte des classes clôt le Manifeste du Parti Communiste. Eh bien, il devait être remplacé par la pratique fanatique de la lutte des races, en premier lieu contre la « race juive ». Karl Marx qui avec Engels avait rédigé le Manifeste du Parti Communiste était désigné comme Juif. Ses livres, comme tous les livres marxistes (et au delà), devaient être brûlés. Comme devaient être détruits ceux de leurs auteurs encore en vie. Comme devaient être physiquement éliminés celles et ceux susceptibles de produire de nouveaux ouvrages « subversifs » à l'avenir. Pour les fascistes allemands, la subversion devait être définitivement éradiquée. Elle était « judéo-bolchévique » et sa base « raciale » était juive, comme sa culture était judaïque ou d'inspiration judaïque. Elle avait produit la révolution russe, elle avait produit l'URSS, elle avait provoqué la défaite militaire de l'Allemagne et créé une situation révolutionnaire. L’Allemagne échappa, en effet, de peu à la révolution socialiste.

Les nazis dans la poursuite de leur logique implacable avaient entrepris la liquidation de toute résistance à leurs plans et par conséquent l'éradication du communisme à sa racine biologique. Cette racine était selon eux essentiellement la racine juive.

27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël... 27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...
27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

Le Grand Mufti de Jérusalem et l'autre face de l'antisémitisme exterminateur

L'antisémitisme programmatique des dirigeants nazis a été stoppé. Les nazis ont perdu la guerre. Le nazisme a été militairement vaincu, son idéologie largement discréditée sous sa forme classique. Mais le nazisme ne fut pas l'unique source de l'antisémitisme exterminateur.

« [C]’est un fait historique que la collaboration avec Hitler du Grand Mufti de Jérusalem a joué un rôle important dans l’holocauste. Il était le plus important conseiller non européen dans le processus de destruction des juifs d’Europe» explique l'historien Wolfgang Schwanitz. [8]

Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...
Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...

Diverses ilustrations de l'antisémitisme musulman qui lui n'a pas été vaincu comme le Troisième Reich...

Sans la victoire de l'Armée rouge, ses ouvriers et ses paysans, mais aussi ses intellectuels, ses cadres et ses 500.000 Juifs, le Grand Mufti aurait pu mener à bien son plan d'extermination des Juifs de Palestine et de tous les pays islamisés. Israël, l’État de l'autodétermination des Hébreux n'aurait pas pu voir le jour.

Mais n'oublions pas que ce Grand Mufti de Jérusalem qui contribua à la formation de la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar poursuivra jusqu'à sa mort en 1974 au Liban son combat contre les Juifs, contre les idées de progrès, contre l'aspiration à la démocratie, dont les Juifs furent et sont les vecteurs les plus ardents. Selon Amnon Kapeliouk dans "Arafat l'irréductible", Yasser Arafat s'était revendiqué comme étant le petit-neveu du grand mufti de Jérusalem...

Les disciples, conscients ou non, du Grand Mufti sont légions dans les pays islamisés. Les livres ouvertement antisémites, dont Mein Kampf, se trouvent aisément au Maroc, sans que le petit nombre de Juifs habitant encore ce pays s'insurge un tant soit peu... Mais le peuvent-ils ? Ou bien les habitudes de comportements hérités du statut de dhimmi sont-elles l'explication de cette passivité? Les deux, sans doute...

Livre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la  place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés)  à Marrakech. Copyright Michel AymerichLivre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la  place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés)  à Marrakech. Copyright Michel Aymerich

Livre sur Hitler à Dakhla et "Mein Kampf" traduit en arabe, dans une rue à moins d'une minute de la place Jemaa el-Fna (en arabe : جامع الفناء, en français : place des trépassés) à Marrakech. Copyright Michel Aymerich

En Allemagne, malgré les insuffisances, un travail de critique, d'auto-critique, de déconstruction systématique du nazisme a permis de criminaliser l’antisémitisme exterminateur. Mais ce travail présente des lacunes, car l'antisémitisme a pu renaître sous la forme de "l'antisionisme", forme sous laquelle il s'est largement répandu en Europe et dans le monde.

Dans le vaste monde islamisé, les tenants de "l'antisionisme" ne cachent pas qu'il n'est qu'une forme d'antisémitisme. Il n'est là-bas que l'expression moderne de la haine traditionnelle des Juifs, accusés de n'avoir pas adhéré à l'Islam et par conséquent de ne pas être devenus musulmans, et en ce qui concerne les sionistes d'avoir osé se libérer définitivement de toute dhimmitude en édifiant leur autodétermination!

Sans un islam épuré; un islam séparé radicalement de l’État et du politique; un islam contraint d'accepter l'apostasie, donc la liberté de choisir sa religion ou l'athéisme; un islam contraint d'accepter l'égalité des hommes et des femmes, l'anti-judaïsme (ou antisémitisme) gardera sa vigueur. Car le Juif, surtout ouvertement "sioniste", est l'image par excellence de la résistance à l'impérialisme arabo-musulman et au totalitarisme politico-religieux qui le structure idéologiquement.

Tant qu'un travail, sur plusieurs générations, d'extirpation radicale de l'antisémitisme et de ses racines, ne sera pas entrepris dans les 57 pays de l'Organisation de Coopération Islamique, aucune paix durable ne sera garantie ni aucun progrès social majeur dans ces pays. Les Juifs et l’État hébreu demeureront potentiellement menacés par l'épée de Damoclès du dogme islamique; les libertés acquises par les femmes et les peuples dans le monde occidental et partout ailleurs seront régulièrement contestées avec leur lot d'attentats, de terrorisme, de massacres. Et le 22 juin 1941 demeurera dans les 57 pays de l'Organisation de Coopération Islamique une date massivement ignorée dans son existence, et plus encore dans sa signification réelle que j'ai tenté de mettre ici en exergue...

NOTES :

[1 ] Je mets entre guillemets l'identité supposée des agresseurs, tant l'habitude est répandue de confondre Berbères et Arabes, lorsqu'on désigne des musulmans nord-Africains, « oubliant », ce faisant que très nombreux ont été les Berbères (et les Juifs!) arabisés et islamisés de force qui n'en sont pas moins restés des Berbères par leur histoire, des pans entiers de leur culture, dont la langue, et leurs liens familiaux...

[2] « Une liberté réservée aux seuls partisans du gouvernement, aux seuls membres d'un parti - si nombreux soient-ils -, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de ceux qui ne pensent pas comme vous. Ce n'est pas par quelque souci fanatique de "justice", mais parce que tout ce que la liberté politique a de vivifiant, de salutaire et de purifiant dépend de ce caractère essentiel, et que ces vertus cessent d'agir quand la "liberté" devient un privilège.. » « Remarque dans la marge gauche sans renvoi précis » peut-on lire in La révolution russe, Rosa Luxemburg : https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus4.htm

[3] «Sous ce rapport, Lénine, Trotsky et leurs amis ont été les premiers qui aient montré l'exemple au prolétariat mondial; ils sont jusqu'ici encore les seuls qui puissent s'écrier avec Hutten : "J'ai osé!" C'est là ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks. En ce sens, il leur reste le mérite impérissable d'avoir, en conquérant le pouvoir et en posant pratiquement le problème de la réalisation du socialisme, montré l'exemple au prolétariat international, et fait faire un pas énorme dans la voie du règlement de comptes final entre le Capital et le Travail dans le monde entier. En Russie, le problème ne pouvait être que posé. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au "bolchevisme". » Ibid.

[4] Durant les années 1920, sa sœur émigre en Palestine et elle même se lie d'amitié avec Golda Meir qui arrive à Moscou en novembre 1948 en tant que première ambassadrice israélienne en URSS...https://fr.wikipedia.org/wiki/Polina_Jemtchoujina

[5] Lilly Marcou, Ilya Ehrenbourg. Un homme dans son siècle, Paris, Plon, 1992, p. 209.

[6] Portrait du siècle en roman familial minoritaire : Le Siècle juif, de Yuri Slezkine.https://erea.revues.org/1735

[7] « J’appelle cela une rechute comique; car, le national-socialisme étant fondé sur le fanatisme et pratiquant par tous les moyens l’éducation au fanatisme, «fanatique» a été durant toute l’ère du Troisième Reich un adjectif marquant, au superlatif, une reconnaissance officielle » in Victor Klemperer, LTI , La langue du IIIème Reich, Albin Michel.http://www.lesauterhin.eu/victor-klempererlti-fanatique/

[8] http://www.meforum.org/5574/schwanitz-husaini

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