Un article marxiste qui va au fond des choses : « Trois questions sur la Chine et le parti communiste chinois »

L’important est de comprendre ce qu’est réellement le socialisme et comment s’y prendre pour établir et développer un régime digne de ce nom.

DENG XIAOPING, (20 août 1991). Il faut faire le bilan de notre expérience

 Tout d'abord : Le socialisme avec des caractéristiques chinoises est le socialisme. Ce n'est pas un autre type de "isme". Les principes fondamentaux et scientifiques du socialisme ne peuvent être abandonnés ; ce n'est que s'ils sont abandonnés que notre système ne sera plus socialiste. Du début à la fin, notre Parti a souligné que le "socialisme aux caractéristiques chinoises" adhère aux principes fondamentaux du socialisme scientifique et est imprégné des caractéristiques chinoises imposées par les conditions de l'époque. Le socialisme aux caractéristiques chinoises est le socialisme, pas un autre "isme". 

Xi Jinping, Maintenir et développer le socialisme avec des caractéristiques chinoises

J'ai traduit l'article qui suit pour partie à l'aide de DeepL (version gratuite). Les citations de Marx et Lénine n'ont pas été traduites, j'ai repris les traductions des écrits publiés en ligne ou sur papier. J'ai mis entre crochets les liens qui renvoient aux citations ou en l'absence de liens, la référence de l'ouvrage cité. Parfois, j'ai modifié le format de certains passages en agrandissant les caractères afin de mieux en souligner l'importance...

Par Michel Aymerich

L'article que je partage aujourd'hui présente parfois quelques chiffres qu'il convient d'actualiser, c'est normal il date de février 2018. Mais ce qui importe, c'est l'essentiel, c'est-à-dire l'argumentaire sérieux, la démonstration éminemment logique basée sur la méthode marxiste employée par l'auteur pour présenter des faits déterminants. En ce sens, il ne s'adresse pas en priorité à ceux des lecteurs lambdas ayant subi un grave formatage systémique nourri aux mensonges éhontés et à la désinformation systématique (notamment quant à TOUT ce qui a trait à la pratique du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir) répandus et pratiqués par les médias des régimes du système capitaliste-impérialiste. Non, il s'adresse en premier lieu aux lecteurs qui sont quelque peu familiers avec les concepts marxistes, notamment sur cette question centrale de la nature de classe de chaque État considéré et dans le cas précis qui nous intéresse ici, celle de l’État socialiste chinois.

Notons toutefois que le « grave formatage systémique nourri aux mensonges éhontés et à la désinformation systématique […] répandus et pratiqués par les médias des régimes du système capitaliste-impérialiste » s'étend également -en quelque sorte par capillarité- à ceux qui ont été communistes comme à ceux qui s'efforcent de le devenir mais restent encore engoncés dans la gangue des préjugés idéologiques générés quotidiennement par l'idéologie dominante[1].

Lénine, après avoir cité un passage de l'ouvrage de F. Engels L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, écrivait : « Ici se trouve exprimée en toute clarté l'idée fondamentale du marxisme sur le rôle historique et la signification de l’État. L’État est le produit et la manifestation de ce fait que les contradictions de classes sont inconciliables. L’État surgit là, au moment et dans la mesure où, objectivement, les contradictions de classes ne peuvent être conciliées. Et inversement : l'existence de l’État prouve que les contradictions de classes sont inconciliables [2]».

En France, comme en Allemagne « réunifiée » (l'Allemagne impérialiste qui a opéré le « second Anschluss » et pour ce faire a rétabli[3] le système de la dictature de classe de la bourgeoisie allemande) et dans tous les États d'Europe, aux États-(dés)Unis d'Amérique, en Inde et dans tous les États dits démocratiques, c'est-à-dire les sociétés où règnent en maître la classe capitaliste et le mode de production capitaliste, l’État est une variété ou une autre de dictature politique de la classe bourgeoise. En effet, dictature et démocratie ne sont pas des concepts utilisables scientifiquement comme des concepts absolument opposables[4].

Déjà le concept de démocratie inclut étymologiquement la notion de pouvoir : dêmos, «peuple», et kratos, «pouvoir». Donc « pouvoir du peuple ». La démocratie grecque était une démocratie de classe, comme toute démocratie. C'était la démocratie pour les propriétaires d'esclaves. Pour ces derniers, la démocratie était une dictature qui s’exerçait contre eux !

Bien-sûr, il y a des différences entre les démocraties bourgeoises dans le monde, mais elles ne portent pas sur l'essentiel, c'est-à-dire leur nature de classe. Toutes sont des variétés de dictature de la bourgeoisie et leur forme (parlementarisme plus ou moins actif ou dictature terroriste ouverte (fascisme)) dépend de la conjoncture. Je ne m'étendrai pas ici sur la signification et l'importance de telle ou telle variété pour les intérêts de la classe ouvrière et du peuple travailleur en général dans la question centrale qui est celle de la conquête du pouvoir politique afin d'en terminer définitivement avec le pouvoir de la bourgeoisie (« le système de la dictature dont l’État forme le noyau »[5]).

Rappelons très succinctement que pour Marx : «Entre la société capitaliste et la société communiste se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l’État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat [6]».

« la période de transformation révolutionnaire » en Chine[7] est nécessairement plus longue qu'elle aurait pu l'être si la révolution socialiste avait débuté dans des pays déjà hautement développés comme en Europe occidentale et aux USA.

Une «dictature révolutionnaire du prolétariat», exercée dans le cas concret de la Chine à travers son avant-garde, le PCC, appuyé sur l'APL et l'ensemble des institutions qui forment le système concret (variété chinoise) de la dictature du prolétariat [8] dont l’État forme le noyau en Chine. Système de dictature politique du prolétariat et donc processus continu de développement de la démocratie populaire en Chine, variété de démocratie socialiste.

Je prévois à l'avenir de mieux exposer la question de la relation interne, dialectique, de la démocratie et de la dictature en général, et plus concrètement en Chine la nécessité absolue que « la dictature démocratique populaire, dirigée par la classe ouvrière et basée sur l'alliance des ouvriers et des paysans[9]» soit conduite par le PCC. Mais le tout prochain article que je partagerai illustrera le fonctionnement concret de la démocratie populaire en RPC.

Notes :

[1] «Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toute époque, les pensées dominantes, autrement dit la classe matériellement dominante de la société y est aussi la puissance spirituellement dominante » Marx et Engels, L'Idéologie allemande, Éditions sociales, 2012, p. 44 [traduction modifiée par Lucien Sève], https://www.causecommune-larevue.fr/la_classe_dominante_elements_de_definition

[2] Lénine, L' État et la révolution, chapitre I : la société de classes et l’État. 1. L' Etat, produit de contradictions de classes inconciliables, https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er1.htm#c1.2

[3] «À l'égard des communistes après 1990, on s'est comporté d'une manière bien pire que ce qui avait été fait au début de l'Allemagne fédérale à l'égard des anciens nazis» reconnut Helmut Schmidt, ancien chancelier fédéral d'Allemagne de l'Ouest. » Der Spiegel, 2 janvier 2006, p. 51. Cité in Vladimiro Giacché, Le second Anschluss. L'annexion de la RDA. Édition Delga, 2015, p 96.

[4] Lénine, Contribution à l’histoire de la dictature (20 octobre 1920), https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/10/vil19201020.htm

[5] «La bourgeoisie exerce sa dictature non seulement par l'intermédiaire de l'Etat, mais aussi à l'aide d'un système largement ramifié d'institutions et d'établisements ; le système de la dictature de la bourgeoisie [en italiques dans le texte. M.A.], dont l'Etat forme le noyau». E. Batalov, La théorie de Lénine sur la révolution, Éditions du Progrès, 1982 (russe), 1985 pour la traduction française, p. 126.

[6] Karl Marx, Critique du programme de Gotha, Éditions en langues étrangères, Pékin, 1975, p. 26.

[7] Delaunay écrit : «La révolution fut conçue par les fondateurs du marxisme comme un fruit devant être cueilli quand il serait mûr, et qui le serait en toute vraisemblance car le verger était fourni. Les révolutionnaires russes n'ont pas mis en doute cette parole parce qu'ils ont cru que les changements politiques (la révolution de 1917) entraîneraient les changements économiques souhaités. C'était une question de volonté. Les dirigeants de la Chine ont d'abord respecté ces messages, puis ils ont changé d'avis. La révolution, ont-ils pensé, serait, pour leur pays, le fruit d’un verger qu’il faudrait d’abord cultiver, puis faire grandir et tailler en conséquences. » Jean-Claude DELAUNAY, Les trajectoires chinoises de modernisation et de développement. De l’empire agro-alimentaire à l’État-nation et au socialisme, Éditions Delga, Paris, 2018, p. 263.

[8] Préambule de la constitution de la République populaire de Chine, « La dictature démocratique populaire, dirigée par la classe ouvrière et basée sur l'alliance des ouvriers et des paysans, qui, par essence, est une dictature du prolétariat, s'est consolidée et développée.» http://fr.theorychina.org/chinatoday_2483/law/201208/t20120824_234194.shtml

[9] Ibid.

Trois questions sur la Chine et le parti communiste chinois

«Le Parti communiste chinois est le détachement d'avant-garde de la classe ouvrière chinoise, en même temps que celui du peuple et de la nation chinois, ainsi que le noyau dirigeant de la cause du socialisme à la chinoise ; en tant que tel, il incarne les exigences du développement des forces productives avancées en Chine, l'orientation du progrès de la culture chinoise avancée et il incarne enfin les intérêts fondamentaux de l'immense majorité de la population de notre pays. L'idéal suprême et le but final du Parti résident dans l'accomplissement du communisme. »

(Statuts du Parti communiste chinois) [http://french.xinhuanet.com/chine/2017-11/03/c_136726512.htm ]

 

Que pense faire le PCC ?

Le PCC utilise un langage très spécialisé qui est impénétrable au début, mais qui devient très familier une fois que vous savez ce que tout signifie. L'idée centrale qui sous-tend une grande partie des actions du PCC est l'idée des étapes primaire et avancée du socialisme [en gras dans le texte. M.A]. Le socialisme primaire est caractérisé par des forces productives sous-développées, qui interdisent elles-mêmes le développement de relations sociales avancées. Le socialisme avancé se caractérise par des forces productives hautement développées et une abondance matérielle. Comme Marx l'a exprimé avec éloquence dans L'idéologie allemande:

« Bien sûr, nous ne nous donnerons pas la peine d'expliquer […] qu'il n'est pas possible de réaliser une libération réelle ailleurs que dans le monde réel et autrement que par des moyens réels ; que l'on ne peut abolir l'esclavage sans la machine à vapeur et la mule-jenny, ni le servage sans améliorer l'agriculture ; que, plus généralement, on ne peut libérer les hommes tant qu'ils ne sont pas en état de se procurer complètement nourriture et boisson, logement et vêtements en qualité et en quantité parfaites. La « libération » est un fait historique et non un fait intellectuel, et elle est provoquée par des conditions historiques, par l'état de l'industrie, du commerce, de l'agriculture, des [transports]... »

[Voir Marx, Engels, L'idéologie allemande, I. Feurbach. A. L'idéologie en général et en particulier l'idéologie allemande [ajout d'Engels en marge : Opposition de la conception matérialiste et idéaliste]. Éditions sociales, Paris 1976, p. 22.]

En résumé, le projet du socialisme consiste à faire progresser la société vers le communisme, et la condition préalable à cette progression est une base matérielle et technique avancée. C'est particulièrement vrai pour des pays comme la Chine, qui a été maintenue dans un sous-développement chronique, héritage du pillage impérialiste.

Ce n'est pas du tout une idée nouvelle, c'est juste une articulation plus concrète d'idées préexistantes que vous connaissez probablement déjà. Par exemple, lors de la première conférence de Zhengzhou, lorsqu'on lui a demandé si les relations marchandes étaient nécessaires à la construction du socialisme chinois, Mao a répondu en réaffirmant que la Chine se trouvait au stade initial du socialisme. Staline en a longuement parlé dans Problèmes économiques du socialisme en URSS. Lénine, lui aussi, a écrit sur le sujet :

« Le capitalisme est un mal par rapport au socialisme. Le capitalisme est un bien par rapport au moyen âge, par rapport à la petite production, par rapport au bureaucratisme qu'engendre l'éparpillement des petits producteurs.

Puisque nous ne sommes pas encore en état de réaliser le passage immédiat de la petite production au socialisme, le capitalisme est, dans une certaine mesure, inévitable comme une conséquence naturelle de la petite production et des échanges ; nous devons donc utiliser le capitalisme (surtout en l'orientant dans la voie du capitalisme d’État) comme maillon intermédiaire conduisant de la petite production au socialisme ; nous devons l'utiliser comme moyen, voie, procédé, modalité, permettant d'augmenter les forces productives. »

(Lénine, "L'impôt en nature", 1921) [https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/04/vil19210421.htm]

«Cependant, dans les limites indiquées, cela ne présente aucun danger pour le socialisme, tant que les transports et la grande industrie demeurent entre les mains du prolétariat. Au contraire, le développement du capitalisme, contrôlé et réglé par l’État prolétarien (c'est à dire du capitalisme “ d’État ” pris dans ce sens) est avantageux et indispensable (bien entendu dans une certaine mesure seulement) dans un pays de petits paysans, ruiné et arriéré à l'extrême, puisque ce développement est susceptible de hâter l'essor immédiat de l'agriculture paysanne. Cela est d'autant plus valable pour les concessions : sans procéder à aucune dénationalisation, l’État ouvrier cède à bail telles mines, tels secteurs forestiers, tels puits de pétrole, etc., aux capitalistes étrangers qui lui fourniront un supplément d'outillage et de machines permettant d'accélérer le rétablissement de la grande industrie soviétique.»

(Lénine, Troisième Congrès de l'Internationale Communiste, 1921) [https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/06/vil19210613.htm]

Donc, encore une fois, ce n'est pas une idée nouvelle. Pourquoi est-ce que je le répète ? Je le répète parce que beaucoup de gauchistes traitent le socialisme aux caractéristiques chinoises comme une sorte de déviation extraordinaire de droite, mais en réalité, il n'y a rien de nouveau là derrière. Il est tout à fait cohérent avec le cadre du marxisme-léninisme, et il n'y a rien de particulièrement extraordinaire à son sujet une fois que vous l'avez compris.

Leur stratégie de développement est-elle réussie ? Eh bien, décidez par vous-même :

  1. Chaque mois, un million de personnes sortent de la pauvreté en RPC. http://news.xinhuanet.com/english/2017-08/29/c_136566153.htm

  2. Même en tenant compte de l'inflation, les salaires des ouvriers chinois augmentent d'environ 11 % par an, dans un monde où les salaires stagnent presque partout. https://www.workers.org/2015/07/21101/

  3. Les néolibéraux aiment prétendre que le FMI et la Banque mondiale ont contribué à faire passer des centaines de millions de personnes au-dessus de leur seuil de pauvreté fictif de 1,20 dollar par jour. Ils oublient de mentionner que la RPC est responsable à elle seule des trois quarts de la réduction de la pauvreté depuis 1981.https://www.economist.com/leaders/2013/06/01/towards-the-end-of-poverty

     

  4. En 1980, le PIB par habitant (en PPA - qui tient compte de l'inflation et du pouvoir d'achat) de la RPC était de 310 dollars. En 2017, 37 ans plus tard, il est de 16 676 dollars. https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_past_and_projected_GDP_(PPP)_per_capita Cela signifie qu'en moins de deux générations, les gens sont devenus cinquante-trois fois plus riches. Selon les projections actuelles, en RPC, le PIB par habitant sera de 30 000 dollars en 2030, soit environ le niveau de l'Italie. https://www.pwc.com/gx/en/research-insights/economy/the-world-in-2050.html

Nous avons donc établi que la logique du socialisme à caractéristiques chinoises est, avant tout, orientée vers le développement. Ensuite, il est assez clair que, dans l'ensemble, le socialisme chinois a connu un succès retentissant sur ce front - plus que tout autre pays dans l'histoire. https://www.learningfromchina.net/china-is-the-greatest-economic-growth-in-human-history.html C'est important car je suis sur le point de passer à la deuxième question.

 

 

La RPC est-elle une dictature du prolétariat ?

Voici une surprise : il n'est pas vraiment difficile de répondre à cette question.

La RPC peut être soit la dictature d'une classe, soit la dictature d'une autre. Sous le capitalisme, elle peut être soit une dictature du prolétariat, soit une dictature de la bourgeoisie. Si elle n'est pas l'une, alors elle ne peut être que l'autre. Donc, vraiment, demandez-vous si une dictature de la bourgeoisie le ferait :

Mandaterait-elle des cours de rééducation au marxisme pour tous les fonctionnaires du gouvernement? https://www.vice.com/en/article/xwpk54/china-will-re-educate-government-officials-to-remind-them-that-communism-is-awesome

Ordonnerait-elle à tous les journalistes et étudiants en journalisme de suivre des cours de marxisme? https://www.scmp.com/news/china-insider/article/1299795/china-orders-nations-journalists-take-marxism-classes

Intensifierait-elle la campagne idéologique sur les campus universitaires et introduirait des cours sur la pensée de Mao Zedong dans 2 600 universités ? https://archive.ph/6a1lf

Une dictature de la bourgeoisie s'assurerait-elle délibérément que les salaires moyens dans l'industrie manufacturière augmentent régulièrement d'environ 11 % par an au détriment des bénéfices des entreprises, par rapport à d'autres pays « en développement » comme l'Inde où les salaires sont restés réprimés pendant des décennies ? http://http//www.workers.org/2015/07/21/china-rising-wages-and-worker-militancy/

Une dictature de la bourgeoisie déploierait-elle des programmes sociaux complets au milieu d'une vague néolibérale d'austérité en pleine crise financière de 2008 ? https://www.workers.org/2013/06/9471/

Est-ce qu'une dictature de la bourgeoisie, dans une situation où des travailleurs battent à mort un cadre de l'acier en raison de plans de privatisation, interviendrait, empêcherait les travailleurs d'être poursuivis, puis annulerait la privatisation ? https://www.workers.org/2015/07/21101/

Permettez-moi de répondre par avance à trois objections. Premièrement, non, vous ne pouvez pas expliquer/justifier la prédominance des politiques «favorables aux travailleurs» (c'est le moins qu'on puisse dire) en disant que la RPC est une social-démocratie.

Les social-démocraties ont existé dans des conditions sociales spécifiques (des années 1940 aux années 1970) dans des zones géographiques spécifiques (l'Europe et les colonies de peuplement d'Amérique du Nord, d'Australie et de Nouvelle-Zélande), et n'ont souvent existé que pour les classes de colons/aristocrates ouvriers/petits-bourgeois. C'était le déplacement de l'exploitation du Premier Monde vers le Tiers Monde - c'était l'impérialisme, purement et simplement. La social-démocratie n'a jamais représenté une articulation distincte du capital, et n'a jamais, jamais été un phénomène dans les pays périphériques.

C'est amusant parce que ce sont les mêmes personnes qui prétendent que la RPC est un enfer brutal d'exploitation forcenée où les travailleurs n'ont aucun pouvoir, et qui font ensuite une rapide volte-face en disant que le gouvernement chinois est simplement en train de faire des compromis avec les travailleurs et fait tout cela pour cette raison (c'est-à-dire parce qu'ils ne savent pas ce qu'est réellement la social-démocratie et qu'ils ne comprennent pas comment la social-démocratie est financée par le transfert de valeur impérialiste).

Deuxièmement, si vous pensez toujours que lorsque les caméras s'éteignent, chacun des 88,76* millions de membres du PCC enfile un haut-de-forme noir, salue son voisin et dit : « Nous avons vraiment trompé ces gens en leur faisant croire que nous étions des marxistes-léninistes dévoués », alors vous êtes stupide**. C'est un fantasme orientaliste que de croire que le PCC se soucie suffisamment de ce que les gauchistes occidentaux pensent d'eux, au point de rendre obligatoire des cours de marxisme pour tous les étudiants universitaires du pays, juste pour la forme.

[* En 2022, le PCC compte plus de 96,7 millions de membres,

https://french.news.cn/20220629/6e5b8f01fd76446c8abf2b673d244d0d/c.html

** Bien vu et bien envoyé ! M.A.]

Troisièmement, si vous pensez que la RPC a été, à un moment donné, une dictature du prolétariat, alors vous ne pouvez pas prétendre que c'est maintenant une dictature de la bourgeoisie. À ces personnes, si je vous demandais si les communistes peuvent simplement être élus au pouvoir et transformer la dictature de la bourgeoisie en un organe du pouvoir de la classe prolétarienne, vous diriez non. Mais vous avez des gens qui disent qu'une dictature du prolétariat peut être transformée en une dictature de la bourgeoisie, alors que ces mêmes personnes savent que pour que la bourgeoisie devienne la classe dominante, il faut une rupture brutale dans laquelle l'État prolétarien est renversé et supplanté par un État bourgeois. Une telle rupture n'a pas eu lieu en Chine. Il y a eu une rupture en URSS, une rupture en Yougoslavie, en Albanie et dans toute l'Europe de l'Est - mais aucune rupture en Chine*.

[* Ici, je propose à la lecture une série d'articles :

https://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2018/07/face-a-la-politique-communiste-de-xi-jinping-les-grands-capitalistes-trompes-par-leur-ideologie-voudraient-faire-tourner-la-roue-de

https://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2021/11/synthese-le-parti-communiste-chinois-a-cent-ans.un-autre-regard-sur-la-chine-populaire.html

https://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2021/12/analyse-des-trois-principales-causes-de-la-subversion-et-de-la-desintegration-de-l-union-sovietique-par-un-communiste-chinois.html M.A.]

En fait, le seul fondement de l'affirmation - qu'une dictature prolétarienne peut se transformer en dictature bourgeoise - est le prétendu exemple de la Chine. C'est une logique circulaire : La Chine est une dictature bourgeoise - comment sommes-nous censés savoir si cela est possible ? Eh bien, selon notre théorie du révisionnisme, selon laquelle la révolution culturelle est nécessaire pour contrecarrer les processus immanents d'embourgeoisement qui se produisent sous le socialisme, et qui se manifestent dans la lutte pour la ligne idéologique au sein de l'appareil du parti, c'est certainement possible. Comment savons-nous que c'est vrai ? Comment cette théorie a-t-elle été validée ? Eh bien... La Chine est capitaliste maintenant, n'est-ce pas ? Cela ne veut pas dire que la conception MLM [Marxism-Leninism-Mao Tse Tung. M.A.] du révisionnisme est irrémédiablement fausse dans tous ses aspects, mais qu'elle a été généralisée à l'excès à des situations où elle est véritablement inapplicable.

Le fait qu'il n'y ait pas eu de rupture, que la RPC qui existait dans les années 1950 existe toujours aujourd'hui, devrait à lui seul suggérer que la RPC est une dictature du prolétariat.

Mais là encore, l'URSS était également une dictature du prolétariat - mais elle a été renversée en raison de la prédominance des forces bourgeoises qui ont bénéficié d'une nouvelle base sociale après les réformes de Gorbatchev, ouvrant la voie à une restauration capitaliste totale et effrénée. Il y a donc un nouveau problème ici : que faire si la réforme du marché a pris un élan que le PCC ne peut pas contrôler ? Sont-ils vraiment « sur le dos d'un dragon » (comme j'ai entendu quelqu'un le décrire), ou ont-ils une bonne maîtrise de la situation ? Sont-ils dans une position où ils peuvent continuer à affiner et à enrichir les bases du socialisme avancé, suffisamment pour assurer la transition vers celui-ci d'ici 2049 ?

Cela nous amène à la question suivante.

Le PCC peut-il vraiment le faire ?

Le PCC peut-il vraiment le faire ? Si nous considérons le socialisme primaire comme une étape de transition, comme la NEP, le PCC pourra-t-il réellement tenir la promesse implicite qu'il a faite à 1,379 milliard de personnes* ?

[* Actuellement, 1, 456 milliard. M.A.]

Voici mon avis : absolument [en gras dans le texte. M.A].

La SASAC (Commission chinoise de supervision et d'administration des actifs d'État, qui dépend directement du Conseil d'État) détient un monopole d'État dans tous les secteurs industriels importants - en voici quelques-uns :

  1. aérospatiale

  2. compagnies aériennes,

  3. aluminium,

  4. architecture et design,

  5. automobile,

  6. aviation,

  7. banques,

  8. produits chimiques,

  9. charbon,

  10. coton,

  11. électronique,

  12. ingénierie,

  13. sylviculture,

  14. équipement lourd,

  15. or,

  16. céréales,

  17. machinerie lourde,

  18. services de renseignements,

  19. fer,

  20. matériaux,

  21. métallurgie,

  22. exploitation minière,

  23. métaux non ferreux,

  24. énergie nucléaire,

  25. transport maritime,

  26. pétrole,

  27. produits pharmaceutiques,

  28. services postaux,

  29. ferroviaire,

  30. sel,

  31. recherche scientifique et technologique,

  32. construction navale,

  33. soie,

  34. acier,

  35. télécoms,

  36. voyages,

  37. services publics

Non seulement ils possèdent tous ces secteurs stratégiques critiques, mais sur les vingt plus grandes entreprises chinoises, toutes sont contrôlées par la SASAC, ou par des gouvernements locaux https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_largest_Chinese_companies (à l'exception de Noble Group, qui est basé à Hong Kong).

Cela place évidemment le gouvernement de la RPC dans la même position que l'URSS dans les années 20 avec la Nouvelle politique économique, où l'État conservait le contrôle des sommets de l'industrie. La principale différence entre les deux est que, si l'URSS de 1921 à 1928 n'avait pas de système complet de planification économique, le gouvernement chinois utilise des plans quinquennaux depuis 1953. Une autre différence est que l'État soviétique était loin de disposer d'un tel levier. Combiné aux technologies modernes de l'information et à une infrastructure technique extrêmement répandue, cela place finalement le PCC dans une position beaucoup, beaucoup plus forte que le PCUS lorsqu'il s'agit d'entrer dans la phase avancée du socialisme et, en fin de compte, vers la réalisation du communisme mondial.

Pour résumer, le PCC n'a pas dévié du marxisme-léninisme et a mené à bien, fidèlement et avec succès, la tâche du développement socialiste. La RPC est une dictature du prolétariat, et l'épine dorsale de l'économie chinoise reste la planification étatique socialiste. En outre, le PCC est en excellente position pour réaliser l'objectif à long terme de parvenir à un socialisme avancé.

Mais un mot d'avertissement s'impose : la bourgeoisie est active en Chine, et elle travaille activement à renverser le PCC socialiste. Les appels à la « démocratie » bourgeoise libérale multipartite sont omniprésents, et la prochaine crise économique mettra en évidence les contradictions qui caractérisent la société chinoise moderne.

Le caractère socialiste de la RPC ne rend pas tout notre travail nul et non avenu, il est au contraire éclipsé par l'ampleur sans précédent de la construction socialiste chinoise,

Au contraire, c'est une bonne raison de soutenir la Chine, de soutenir le peuple chinois, et de travailler encore plus dur pour réaliser le communisme à l'échelle mondiale.

Plus d'informations sur Écspielle Kay

SOURCE: https://xplk.medium.com/three-questions-about-china-and-the-communist-party-of-china-7056e40b40f3

Traduit par moi pour partie à l'aide de DeepL (version gratuite)

Un article marxiste qui va au fond des choses : « Trois questions sur la Chine et le parti communiste chinois »
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