27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

27 Janvier 1945, libération d'Auschwitz par l'Armée rouge; le le 02 mai 1945 drapeau rouge est hissé au sommet du Reichstag à Berlin!; Vétérans juifs de l'Armée rouge en Israël...

«Je ne me souviens pas du premier homme que j’ai tué… Je me rappelle seulement de ses chaussures car elles ont fait mal à mes pieds pendant des mois. Je me souviens que si je ne l’avais pas tué, c’est lui qui m’aurait tué... Depuis ce jour, j’ai su que je devais tuer pour vivre »

Moshé Knebel

Par Michel AYMERICH

Arte rediffusait le 31 janvier 2018 le documentaire « Moshe. Victime et meurtrier » (Tödliche Rache. Vom Holocaust-Opfer zum Mörder, Dark Side), réalisé par Natalie Assouline Terebilo.

Le synopsis, tel que présenté par Arte est le suivant : «Après la Seconde Guerre mondiale, Moshé Knebel a retrouvé et tué les nazis qui ont assassiné sa famille. En compagnie de ses enfants, il refait le voyage vers la Pologne, plus de soixante ans après, pour renouer avec sa douloureuse histoire. Un questionnement vertigineux sur le sens de la justice.

Si à première vue Moshe Knebel, 85 ans, a l’air d’un grand-père comme les autres, le vieil homme israélien d’origine polonaise cache un sombre secret. Ancien partisan, il a échappé à la déportation ; puis membre de la police secrète polonaise, il a mené à bien, après la Seconde Guerre mondiale et en secret, une terrible vengeance. Officiellement censé débusquer les ennemis du communisme, il s’est personnellement chargé d'exécuter les anciens nazis responsables de l’assassinat de ses parents et d’une bonne partie de sa famille, mais aussi les collaborateurs polonais qui ont dénoncé les siens. En compagnie de son fils David et de ses filles Hannah et Batya, Moshe refait le voyage vers la Pologne, plus de soixante ans après, pour renouer avec une histoire aussi douloureuse que romanesque. Un plongeon dans un passé dramatique, dont ses enfants n’avaient jamais entendu que des bribes… Comment accepter de voir son père non seulement comme un survivant de l'Holocauste, mais aussi comme un meurtrier ? Ce beau documentaire, ponctué de poignantes scènes animées en noir et blanc, offre un questionnement vertigineux sur le bien et le mal, le sens de la justice et l’histoire familiale. »

Capture d'écran représentant Moshé enfant après qu'il ait été le témoin survivant du meurtre de son père dans une forêt de Pologne.

Cet excellent documentaire - au titre partiellement faux de par la présence de l'adjectif accusateur de «meurtrier» - sur un héros authentique m'a fait bien dormir la nuit qui suivit sa vue. Je continue à narrer avec plaisir son contenu à mon entourage et mes amis après trois semaines. Grâce à ce personnage, j'avais passé une bonne nuit, car une fois n’est pas coutume, j’avais pu voir et entendre un homme réel qui expliquait comment et pourquoi il avait vengé les siens. Contribuant par là même à venger -quoique de manière dérisoire, comparée à l’ampleur du judéocide- des millions de victimes systématiquement exterminées, du nourrisson aux grands-parents en passant par la mère, le père, les cousins, les amis, les amis des amis et un long etc. Contribuant aussi à venger les millions de victimes non-Juives des fascismes coalisés!

Moshé est témoin de l'assassinat de son père par deux policiers polonais. Il a pu s'échapper...

Moshé est témoin de l'assassinat de son père par deux policiers polonais. Il a pu s'échapper...

Grâce à ce personnage, j'avais passé une bonne nuit, car une fois n’est pas coutume, j’avais pu voir et entendre un homme réel qui expliquait comment et pourquoi il avait vengé les siens. Contribuant par là même à venger -quoique de manière dérisoire, comparée à l’ampleur du judéocide- des millions de victimes systématiquement exterminées, du nourrisson aux grands-parents en passant par la mère, le père, les cousins, les amis, les amis des amis et un long etc. Contribuant aussi à venger les millions de victimes non-Juives des fascismes coalisés! Grâce à ce personnage, j'avais passé une bonne nuit, car une fois n’est pas coutume, j’avais pu voir et entendre un homme réel qui expliquait comment et pourquoi il avait vengé les siens. Contribuant par là même à venger -quoique de manière dérisoire, comparée à l’ampleur du judéocide- des millions de victimes systématiquement exterminées, du nourrisson aux grands-parents en passant par la mère, le père, les cousins, les amis, les amis des amis et un long etc. Contribuant aussi à venger les millions de victimes non-Juives des fascismes coalisés! Grâce à ce personnage, j'avais passé une bonne nuit, car une fois n’est pas coutume, j’avais pu voir et entendre un homme réel qui expliquait comment et pourquoi il avait vengé les siens. Contribuant par là même à venger -quoique de manière dérisoire, comparée à l’ampleur du judéocide- des millions de victimes systématiquement exterminées, du nourrisson aux grands-parents en passant par la mère, le père, les cousins, les amis, les amis des amis et un long etc. Contribuant aussi à venger les millions de victimes non-Juives des fascismes coalisés!

Grâce à ce personnage, j'avais passé une bonne nuit, car une fois n’est pas coutume, j’avais pu voir et entendre un homme réel qui expliquait comment et pourquoi il avait vengé les siens. Contribuant par là même à venger -quoique de manière dérisoire, comparée à l’ampleur du judéocide- des millions de victimes systématiquement exterminées, du nourrisson aux grands-parents en passant par la mère, le père, les cousins, les amis, les amis des amis et un long etc. Contribuant aussi à venger les millions de victimes non-Juives des fascismes coalisés!

Et ici, pas d’acteur de cinéma. , pas de Robert de Niro dans Taxi Driver. Pas non plus de scénario empli de cascades spectaculaires, courses poursuites et pneus qui crissent. Non, un héros en vrai relatait ses souvenirs. Et ceux relatifs à la saine vengeance des siens peuvent mieux apaiser toute personne désireuse de justice que des séances de relaxation pour cadres d’entreprises stressés employés à presser comme des citrons la force de travail des subordonnés mis à leur disposition. Pour une fois, une bien trop rare fois, des enfants, femmes, hommes juifs n’avaient pas été impunément et « bestialement » massacrés, laissant penser au téléspectateur « comme il va historiquement de soi », mais l’un d’entre-eux n’avait pas pu être assassiné. Il était parvenu à échapper aux bourreaux antisémites et tueurs de juifs. Et ceux là étaient tant des nazis que des collabos Polonais.

Bien mieux encore, il avait exercé sa vengeance tel un justicier oh combien plus crédible moralement qu’un « Léon » représenté par Jean Reno ou une « Nikita» (Anne Parillaud.) qui eux ne vengeaient pas leur famille et les Juifs qui par millions avaient subi l’entreprise d’extermination TOTALE des fascistes allemands et de leurs complices polonais et autres. Plus crédible aussi que la fiction Inglorious Basterds de Quentin Tarantino dans laquelle des acteurs prestigieux (tel Brad Pitt) scalpent des nazis et où la belle Mélanie Laurent assassine... Hitler ! Elle aussi -dans le film, s'entend-, enfant juive, avait échappé au massacre de sa famille par des nazis et vengeait sa famille, une fois devenue adulte.

Pourtant ni le prestige du réalisateur ni le caractère photogénique et charismatique des acteurs et de l’actrice ne peuvent changer l’histoire. Sauf, le temps passant, auprès de trop nombreux esprits faibles en tous genres. Le simple fait de l’existence de centaines de millions d’individus prêts à gober les fictions religieuses démontre qu’ils sont légion et que d’aucuns non seulement s’accommodent de leur nombre, mais font le nécessaire pour le maintenir et même l’accroître

Il est vrai qu’il soit dans le fond intolérable pour l’idéologie dominante [1] que historiquement ce soit l’Armée rouge qui ait remportée la bataille de Berlin. Une armée commandée par le Maréchal de l’Union soviétique qu’était Gueorgui Joukov [2] et donc également Staline qui ont directement provoqué les suicides de Hitler et de Goebbels.

Il n’est donc pas moins vrai qu’il soit plus facile pour un réalisateur de trouver des fonds pour fabriquer une fiction basée sur une réécriture cinématographique de l’histoire. Une telle réécriture peut toujours se cacher derrière le petit doigt de la liberté artistique. Quitte à encourager l’ignorance massive et grandissante des tenants et aboutissants de la seconde guerre mondiale, du caractère central de la guerre en URSS et contre celle-ci, et, comme l'écrit l'historien  Arno J. Mayer, sur «la nature et la dynamique du rapport qui lie anticommunisme et antisémitisme dans l'idéologie et le projet nazis. » [3]

1) La première image représente l'encerclement de la capitale du Reich par les troupes de l'Armée rouge 2) Le Maréchal de l’Union soviétique Gueorgui Joukov 3) Les soviétiques hissent le drapeau soviétique (dit "judéo-bolchévique" par la réaction, dont les nazis) au sommet du Reichstag!1) La première image représente l'encerclement de la capitale du Reich par les troupes de l'Armée rouge 2) Le Maréchal de l’Union soviétique Gueorgui Joukov 3) Les soviétiques hissent le drapeau soviétique (dit "judéo-bolchévique" par la réaction, dont les nazis) au sommet du Reichstag!
1) La première image représente l'encerclement de la capitale du Reich par les troupes de l'Armée rouge 2) Le Maréchal de l’Union soviétique Gueorgui Joukov 3) Les soviétiques hissent le drapeau soviétique (dit "judéo-bolchévique" par la réaction, dont les nazis) au sommet du Reichstag!

1) La première image représente l'encerclement de la capitale du Reich par les troupes de l'Armée rouge 2) Le Maréchal de l’Union soviétique Gueorgui Joukov 3) Les soviétiques hissent le drapeau soviétique (dit "judéo-bolchévique" par la réaction, dont les nazis) au sommet du Reichstag!

Comme les soviétiques, hier, les citoyens de la Fédération de Russie savent aujourd'hui que leurs parents ont remporté la victoire à Berlin! En 2018, jamais le fossé n'a été aussi grand entre la mémoire des uns et le défaut de mémoire des autres. Ceux, en Occident, dont la mémoire est remplacée par... le cinéma! Deuxième image: Le maréchal Gueorgui Joukov, deuxième en partant de la gauche et le général Konstantin Rokossovski, premier en partant de la droite. Derrière eux la Porte de Brandebourg à Berlin. Comme les soviétiques, hier, les citoyens de la Fédération de Russie savent aujourd'hui que leurs parents ont remporté la victoire à Berlin! En 2018, jamais le fossé n'a été aussi grand entre la mémoire des uns et le défaut de mémoire des autres. Ceux, en Occident, dont la mémoire est remplacée par... le cinéma! Deuxième image: Le maréchal Gueorgui Joukov, deuxième en partant de la gauche et le général Konstantin Rokossovski, premier en partant de la droite. Derrière eux la Porte de Brandebourg à Berlin.

Comme les soviétiques, hier, les citoyens de la Fédération de Russie savent aujourd'hui que leurs parents ont remporté la victoire à Berlin! En 2018, jamais le fossé n'a été aussi grand entre la mémoire des uns et le défaut de mémoire des autres. Ceux, en Occident, dont la mémoire est remplacée par... le cinéma! Deuxième image: Le maréchal Gueorgui Joukov, deuxième en partant de la gauche et le général Konstantin Rokossovski, premier en partant de la droite. Derrière eux la Porte de Brandebourg à Berlin.

Des journalistes saupoudront, alors, la réécriture du fond de l’histoire dans des journaux et revues à grand tirage. Ils mettront en exergue, ici un grain de sable présenté comme unique, là un autre plus unique encore que le précédent. Voire, ils décriront avec force détails un petit tas, sans jamais permettre de visualiser mentalement la montagne à laquelle appartiennent ces même grains et encore moins de se représenter le massif montagneux dont cette montagne et ses grains de sables sont inséparables ! Ils sont salariés par ceux qui ont le pouvoir de choisir la musique et tels des violonistes qui s’ignorent - comme M. Jourdain ignorait qu’il faisait de la prose-, ils composent des concerts agréables aux oreilles sensibles des décideurs...

Des journalistes, mais aussi des historiens, dont il est malaisé de déterminer s’ils sont d’abord des professionnels de l’étude et de l’écriture de l’histoire ou des professionnels de l’anticommunisme. Je tends à penser en toute logique critique que l’un ne peut aller sans l’autre quand on a besoin tant de reconnaissance «sociale» de ses pairs et des lecteurs formatés que de subventions. Ainsi en est-il dans une démocratie de marché qui fait la part belle à la liberté des détenteurs de capital...

Or Moshé a tout pour déplaire. Après avoir été un jeune partisan soviétique âgé d'à peine 15 ans qui combattait dans les forêts et tuait les assassins de Juifs, il s’est porté volontaire dans l’Armée rouge pour combattre les Allemands sur le front et c’est à pieds qu’il a parcouru un trajet de 2000 km jusqu’à Berlin ! Il a fait partie de ces soldats victorieux de l'Armée rouge qui gagnèrent la bataille de Berlin.

Il fait partie des 500.000 juifs qui combattirent dans ses rangs [4]. Mais il est aussi de ceux qui ont quitté la Pologne pour Israël, l’État des Hébreux autodéterminés!

Copies d'écran du documentaire d'ARTE montrant le jeune Moshé parmi les partisans soviétiques qui l'ont accueilli en leur sein...Copies d'écran du documentaire d'ARTE montrant le jeune Moshé parmi les partisans soviétiques qui l'ont accueilli en leur sein...

Copies d'écran du documentaire d'ARTE montrant le jeune Moshé parmi les partisans soviétiques qui l'ont accueilli en leur sein...

Moshé, saine et nécessaire vengeance !

Dans le contexte général de l’idéologie dominante qui combine allègrement un anticommunisme aussi primaire que décomplexé à un antisionisme guère plus décomplexé qui ne manque pas une occasion de laisser apparaître une forme à peine plus nuancée d’hostilité à l’État hébreu, lequel a osé accueillir en son sein bien d'anciens soldats soviétiques, dont ce héros de l’Armée rouge, la note de Télérama d’une seule étoile sur cinq n’a rien de surprenant. Note qui en dit tellement plus long sur Télérama que sur le documentaire et surtout sur la personne remarquable dans le sens le plus positif de Mosché Knebel. Il est vrai que le chiffre de cinq étoiles n’est pas sans rappeler les cinq branches de l’étoile rouge que portait Moshé lors de sa participation à la bataille de Berlin.

Plaisanterie ironique mise à part, la critique de Télérama lisible sur son site Internet est non seulement sans surprise, mais de surcroît elle est lamentable. Elle est à la mesure de la note la plus basse attribuée au documentaire. A elle seule, la question posée «Faire le procès de Moshé?» démontre à quel niveau d'indécence on peut descendre en 2018, en France! Même si celle-ci est de nature rhétorique, elle est complètement déplacée.

1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.  1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.  1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.
1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.  1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.  1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.

1) Moshé, partisan. 2 et 3) Moshé soldat de l'Armée rouge! 4, 5, 6) Moshé, membre vengeur de la police secrète en Pologne dans les années 1946,47,48.

La question suivante – non rhétorique, mais judicieusement polémique - eut été la bienvenue: Pourquoi Mosche Knebel n'est-il pas mondialement connu comme un héros à qui de nombreux articles, des romans et des films ont été et sont consacrés? Hélas, la réponse dans l'air du temps est contenue dans la question de l'auteure de la critique… [5]

Il est, hélas, vrai que l’État français profond et ses ramifications journalistiques (« gauche » de façade incluse) entretiennent de longue date des relations privilégiées avec l’État polonais profond (période communiste exclue). «[L]a guerre russo-polonaise de 1919-1921 […]. Avec la connivence de la France, la Pologne lança une importante offensive contre les Soviétiques […]. Le général Joseph Haller, commandant la principale légion polonaise, avait des rapports étroits avec l’état-major français et était connu pour son antisémitisme, que partageaient beaucoup de ses officiers.» écrit Arno J. Mayer [6].

La deuxième image représente une caricature polonaise de Trotsky pendant la guerre civile et l'intervention de 14 pays capitalistes contre les communistes. "la Pologne lança une importante offensive contre les Soviétiques" écrit Arno J. Mayer. Il ajoute quelques lignes plus loin: "comme les Blancs et Petlioura pendant la guerre civile russe, les troupes polonaises d'invasion entendaient abattre l'hydre du "judéo-bolchévisme". A plusieurs reprises, lors de la prise de villes et de bourgs dont la population comprenait un nombre important de Juifs, ceux-ci furent persécutés pour "colaboration avec l'ennemi"  (Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, p. 95.)
La deuxième image représente une caricature polonaise de Trotsky pendant la guerre civile et l'intervention de 14 pays capitalistes contre les communistes. "la Pologne lança une importante offensive contre les Soviétiques" écrit Arno J. Mayer. Il ajoute quelques lignes plus loin: "comme les Blancs et Petlioura pendant la guerre civile russe, les troupes polonaises d'invasion entendaient abattre l'hydre du "judéo-bolchévisme". A plusieurs reprises, lors de la prise de villes et de bourgs dont la population comprenait un nombre important de Juifs, ceux-ci furent persécutés pour "colaboration avec l'ennemi"  (Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, p. 95.)La deuxième image représente une caricature polonaise de Trotsky pendant la guerre civile et l'intervention de 14 pays capitalistes contre les communistes. "la Pologne lança une importante offensive contre les Soviétiques" écrit Arno J. Mayer. Il ajoute quelques lignes plus loin: "comme les Blancs et Petlioura pendant la guerre civile russe, les troupes polonaises d'invasion entendaient abattre l'hydre du "judéo-bolchévisme". A plusieurs reprises, lors de la prise de villes et de bourgs dont la population comprenait un nombre important de Juifs, ceux-ci furent persécutés pour "colaboration avec l'ennemi"  (Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, p. 95.)

La deuxième image représente une caricature polonaise de Trotsky pendant la guerre civile et l'intervention de 14 pays capitalistes contre les communistes. "la Pologne lança une importante offensive contre les Soviétiques" écrit Arno J. Mayer. Il ajoute quelques lignes plus loin: "comme les Blancs et Petlioura pendant la guerre civile russe, les troupes polonaises d'invasion entendaient abattre l'hydre du "judéo-bolchévisme". A plusieurs reprises, lors de la prise de villes et de bourgs dont la population comprenait un nombre important de Juifs, ceux-ci furent persécutés pour "colaboration avec l'ennemi" (Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, p. 95.)

Le Figaro, lui, relate de manière très lacunaire le contenu du documentaire et en travestit la substance.

Il écrit: «Résumé de Moshe, victime et meurtrier

Si à première vue Moshe Knebel, 85 ans, a l'air d'un grand-père comme les autres, le vieil homme israélien d'origine polonaise cache un sombre secret. Ancien partisan, il a échappé à la déportation ; puis membre de la police secrète polonaise, il a mené à bien, après la Seconde Guerre mondiale et en secret, une terrible vengeance. Officiellement censé débusquer les ennemis du communisme, il s'est personnellement chargé d'exécuter les anciens nazis responsables de l'assassinat de ses parents et d'une bonne partie de sa famille, mais aussi les collaborateurs polonais qui ont dénoncé les siens.» [7]

Ce que l’on ne comprend pas à la lecture de ces deux «compte-rendus», c’est que l’histoire de Moshé commence lorsque jeune adolescent, il est témoin de l’assassinat de son père, qu’il échappe à son propre assassinat, puis apprend que tous les Juifs de Krasnobród, dont sa mère et son petit frère, ont été brûlés dans la boulangerie. Il pleure pendant trois jours, raconte-t-il. « A 14 ans, j’étais seul, je n’avais plus personne » nous dit Moshé.

Ce documentaire est celui du choix de lui donner la parole. Enfin, ajouterai-je. Car il était plus que temps.

«Je ne me souviens pas du premier homme que j’ai tué… Je me rappelle seulement de ses chaussures car elles ont fait mal à mes pieds pendant des mois. Je me souviens que si je ne l’avais pas tué, c’est lui qui m’aurait tué... Depuis ce jour, j’ai su que je devais tuer pour vivre » explique t-il.

Il a tué certains de ceux qui ont massacré. Il a vengé ceux qui ont été victimes de la plus abominable des injustices. Celle qui a consisté à participer de différentes manière au judéocide multiforme (appelé également Holocaust ou Shoah), cette entreprise inégalée dans l'histoire consistant à planifier l'extermination totale des juifs où qu'ils soient, partout dans le monde. Ce faisant, il est – au strict minimum - indécent de qualifier Moshé Knebel de près ou de loin de meurtrier...

Notes :

[1] «Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination » Karl Marx, L'idéologie allemande,

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm

[2] http://footage.framepool.com/fr/shot/472126262-gueorgui-joukov-secteur-democratique-commandant-sovietique-secteur

[3] Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, La Découverte, Paris 2002, p. 14.

[4] Aymerich Michel, Le 22 juin 1941, les fascistes allemands déclenchent la guerre totale contre le "judéo-bolchévisme"! http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/06/le-22-juin-1941-les-fascistes-allemands-declenchent-la-guerre-totale-contre-le-judeo-bolchevisme.html

[5] http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/moshe,112446190.php

[6] Arno J. Mayer, La « solution finale » dans l’histoire, p. 94.

[7] http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/programme/moshe-victime-et-meurtrier-f153285937

Sur la page correspondante du site internet du Figaro, on peut lire deux commentaires. Le premier consiste en une ligne dotée d'un minimum de bon sens : «Destin atypique d'un survivant qui lui ne sombre pas dans le désespoir mais se venge!» Le second commentaire est fait de deux lignes effrayantes de détournement de la logique et de la morale : «Ce type est effrayant... On se croit d'abord en présence d'Elie Wiesel, puis on découvre qu'il s'agit d'Emile Louis...» Ce dernier commentaire suscite chez moi l'observation suivante: ils sont nombreux en France et ailleurs à préférer les Juifs morts - voire quand ils relatent leur malheur, sans prétendre dépasser l'état de victime survivante - aux Juifs armés, ceux qui rendent la monnaie de leur pièce aux meurtriers...

Moshé, saine et nécessaire vengeance !
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